Presse
Après avoir enseigné et voyagé à l’étranger (Mauritanie, Irak, Inde, Nigéria, etc.), Alain Nadaud a travaillé pendant dix ans comme conseiller, puis comme directeur littéraire chez plusieurs grands éditeurs parisiens (Denoël, Balland, Belfond). Il a fondé et dirigé Quai Voltaire, revue littéraire.
Il est l’auteur d’une vingtaine de textes depuis Archéologie du zéro (Denoël, 1984), Auguste fulminant, relatif à un hypothétique séjour de Virgile à Carthage, jusqu’à Le Passage du col, roman qui a pour cadre le Tibet (Albin Michel, 2009). Le Tibet, la magie, les vies antérieures en passant par des livres sur le temps, les limites de la terre, l’existence de Dieu, la localisation de l’enfer ou des essais qui montrent un goût immodéré de la littérature. Une vie hors norme évoquée dans Les années mortes (Grasset, 2004).
Alain Nadaud a dirigé le Bureau du livre au Service Culturel de l’Ambassade de France en Tunisie, il a été attaché culturel au Consulat général de France à Québec, puis est revenu en Tunisie, où il partage son temps entre l’écriture et la gestion d’un atelier de verre soufflé.
Biographie d’Alain Nadaud – France Culture
Désillusionné par le « monde » de la littérature, Alain Nadaud se concentre sur ses deux autres passions: la navigation et l’histoire. Il meurt le 12 juin 2015 sur son bateau au milieu des Cyclades, en Grèce.
Ses derniers mots sont : « On continue… ».

La tache aveugle
Alain Nadaud
Éditeurs français réunis, 1980 ;
réédition. Messidor, 1990
L’ataraxie, le nirvana sont au bout d’une plume
« Alain Nadaud ne doute pas non plus des mystérieux pouvoirs de l’écriture. (…) Philosophe de trente ans ayant percé au cours de ses voyages les secrets de l’Inde, de l’Afrique et du Moyen-Orient, il suggère que l’ataraxie, le nirvana sont au bout d’une plume. Pourquoi, après tout, les drogués du waterman n’auraient-ils pas, eux aussi, leurs hallucinations, leur extase mystique ? »
Jérôme GarcinLes Nouvelles littérairesPourquoi écrire ; pour qui écrire (est-ce pour soi, vraiment ?)
« C’est de cette exigence que se nourrissent les textes de l’auteur. Pourquoi écrire, il est sain de se le demander ; pour qui écrire (est-ce pour soi, vraiment ?) ne l’est pas moins. En l’occurrence, Alain Nadaud semble préoccupé – il demeure que son livre est plein d’intérêt tout du long – par le comment écrire. »
Lucien CurziL’HumanitéInscrivez Alain Nadaud sur vos tablettes
« Quinze beaux textes qui disent le livre, le scribe, le signe, la page et, peut-être bien, le pourquoi d’écrire et le mal de vivre. Livre attachant dont le sujet et la qualité autorisent pleinement l’expression : inscrivez Alain Nadaud sur vos tablettes. »
RévolutionL’habileté de l’auteur est manifeste et il en joue abondamment
« Alain Nadaud emporté par sa virtuosité multiplie les points de vue, s’amuse à pasticher Borges, développe son thème, en épuise toutes les ressources… L’habileté de l’auteur est manifeste et il en joue abondamment. Mais là où il nous touche et nous retient, c’est lorsque lui-même se laisse gagner par les vertiges qu’il crée et qui sont ceux de l’écriture même. »
Michel NuridsanyLe FigaroJusqu’où peut mener la fascination de l’écrit ?
Jusqu’où peut mener la fascination de l’écrit ? Les nouvelles d’Alain Nadaud nous entraînent, dans leur classique perfection, vers l’expérience de ses limites.(…) Ce que nous dit l’auteur, c’est qu’il en est des textes comme des nuages. On peut les regarder sans leur accorder de sens particulier, mais tout notre imaginaire peut aussi y circuler et voir dans leurs contours changeants autant de mondes à explorer, de signes à déchiffrer. Chacune de ces nouvelles atteste de l’extraordinaire jeu de miroirs que permet l’écriture. Ici, le trompe-l’œil est manié de main de maître, pour le plus grand plaisir du lecteur, à la fois hésitant et subjugué. »
Jean-Baptiste ParaRévolution

Archéologie du zéro
Alain Nadaud
Denoël, coll. “L’Infini”, 1984 ;
réé. Gallimard-Folio, 1989
Vous connaissez beaucoup de premiers romans aussi bien écrits ?
« Le plus étonnant, dans le roman d’Alain Nadaud, c’est l’art du suspense. On le lit comme un livre policier, chaud, sensuel, coloré. S’agissant des premiers siècles de notre ère et d’une question métaphysique fondamentale, le néant, le vide, c’est un comble ! Comment ne pas rêver devant cette histoire de grottes, de calculs, de complots ? Comment ne pas être curieux de ce qu’éprouvait Pythagore ? Jamais l’érudition de l’auteur (pourtant considérable) n’empêche l’action de progresser, d’entraîner.
Et puis, dites-moi : vous connaissez beaucoup de premiers romans aussi bien écrits ? Du grand style en prime ! Etrange événement, l’apparition d’un écrivain. Voilà ! »Philippe SollersAdresse aux librairesUn surprenant premier roman très prometteur
« Un surprenant premier roman très prometteur que celui d’Alain Nadaud. Le narrateur et un comparse découvrent une nécropole dans les entrailles fécondes de la ville d’Alexandrie. Il nous livre ses découvertes, série de documents qui nous conduisent à la frontière de l’érudition et de l’imagination.
Un écrivain que Borges ne renierait sans doute pas comme disciple. »Michèle GazierTélérama
(Annonce de l’émission Apostrophes de B. Pivot du 30/03/1984)Un livre fascinant
« Etrange roman que l’Archéologie du zéro ! La matière peut sembler aride, et pourtant c’est un livre fascinant. La fusion sans scories de faits historiques attestés et d’une sournoise et constante mystification exerce une extrême séduction. C’est en vain que nous nous épuiserions à démêler le vrai du faux. »
Emmanuel SaundersonLa CroixSous le philosophe et l’écrivain se cache un pince-sans-rire peu ordinaire
« Le plus étonnant, dans ce livre si poétique et si fuyant, si secret et si rêveur, est sa perpétuelle oscillation entre ses éléments concrets et ses fantaisies. Sous le philosophe et l’écrivain se cache un pince-sans-rire peu ordinaire. Borges est passé par là. »
Alain BosquetLe MondeUn récit qui a la séduction de l’intelligence
« Le livre, qui se présente comme un roman historique très cultivé, du genre de ceux de Marguerite Yourcenar, va dès lors dépasser le simple exercice d’évocation pour verser formellement dans l’aléatoire et l’incertain.
Où sont la réalité, la fiction, la falsification dans ce récit en forme de méditation sur le néant, la dissolution, qui oblige le lecteur à lire entre les lignes, à tout interpréter ? On ne sait. Au lecteur de faire son propre travail d’archéologue ou de se laisser aller à la pure fantaisie, au charme d’un récit qui a la séduction de l’intelligence. »Michel NuridsanyLe FigaroUn premier roman, mathématiquement parfait
« Dans la production romanesque contemporaine, ce livre fait figure d’étrangeté tant par son sujet (borgesien s’il en est) que par sa composition. Un premier roman, mathématiquement parfait, où l’aventure du chiffre et l’infini de son déchiffrement tiennent efficacement le lecteur à bout de souffle. »
Patrick RedelbergArt PressC’est même une révélation
« Curieux et étonnant, ce premier livre d’Alain Nadaud dont le point de départ s’apparente à un conte de Borges (…). On s’enfonce avec délice dans le labyrinthe d’un roman qui fascine par ses multiples richesses. Ce zéro vaut nettement plus que la moyenne. C’est même une révélation. »
Christian GiudicelliLireUn des livres les plus intelligents et les plus intéressants de l’année
« Assurément, Alain Nadaud a signé avec ce premier roman à l’érudition magique et à l’écriture élégante, un des livres les plus intelligents et les plus intéressants de l’année. Avec brio, l’auteur relève le défi du grand Borges : l’exploitation esthétique de la métaphysique. »
Bruno de CessoleMagazine Hebdo

L’envers du temps
Alain Nadaud
Denoël, coll. “L’Infini”, 1985
Ce livre n’aurait pu être qu’un habile tour de force, il est bouleversant et renversant
« Avec Archéologie du zéro, Alain Nadaud n’avait pas seulement révélé son originalité, mais, outre des qualités formelles peu ordinaires, un goût assez sûr des cheminements pervers de la logique et une aptitude personnelle pour la traversée des miroirs. Son dernier livre nous le confirme. Il me laisse tout à la fois perplexe et fasciné. Les romanciers n’en finiront donc jamais de malmener, de déchirer, de sublimer, de renverser le temps ! Encore qu’avec Alain Nadaud, nous ayons confusément l’impression d’atteindre le point limite d’un jeu grandiose. (…)
L’idée est fabuleuse, c’est le cas de le dire. Et cette histoire insensée, je veux dire : dont le sens est inversé, est menée de main de maître. (…) Ce livre n’aurait pu être qu’un habile tour de force, il est, au sens le moins figuré du terme, bouleversant et renversant. »André BrincourtLe FigaroLe désir d’écrire de la fiction ne dispense pas nécessairement de penser
« L’Envers du temps n’est pas pour autant, comme l’ont dit certains, un essai déguisé en fiction. C’est un « vrai » roman d’aventures, avec ses péripéties et le style rapide qui leur convient. (…) Le désir d’écrire de la fiction ne dispense pas nécessairement de penser. Italo Calvino et Umberto Eco l’ont largement prouvé. Alain Nadaud, qui ne désavouera sans doute pas leur parrainage, a bien l’intention d’en faire autant, et il a magnifiquement commencé. »
Josyane SavigneauLe MondeUne œuvre d’écrivain avec laquelle on devra compter
« Il s’agit du livre le plus original d’une rentrée pourtant déjà peu banale. Et surtout une œuvre d’écrivain avec laquelle on devra compter. Qui a dit que la littérature française s’étiolait ? »
Jean-Maurice de MontremyLa CroixEt si l’histoire faisait soudain machine arrière ?
« Et si l’histoire faisait soudain machine arrière ? Et si nous étions déjà en train de revivre, en sens inverse et sans pouvoir influer sur elle d’aucune manière, notre propre histoire ? Il y a pire que l’Apocalypse et ses trompettes du jugement, ce serait cette condamnation à la dernière répétition avant que le cycle définitivement ne se boucle. Telle est la fable philosophique que monte Alain Nadaud avec ce deuxième roman, L’Envers du temps, et qui, précisons-le, doit plus aux premiers physiciens grecs qu’aux variations de la science-fiction depuis Wells sur la machine à remonter le temps. Retour aux Grecs donc, pour en finir avec la vision chrétienne de l’histoire ? Vous pourrez vous-même choisir. »
Jean-Paul MorelLe MatinAvec brio et dans un style impeccable
« Sur un des thèmes favoris de Borges, illusion du temps et éternel retour de l’Histoire, Alain Nadaud, auteur remarqué d’Archéologie du zéro, exploite avec brio et dans un style impeccable les virtualités esthétiques de la métaphysique. »
Bruno de CessoleLes Nouvelles littérairesVous ne regretterez pas de découvrir ce roman
« Si la SF donne sur la scène de l’édition française une impression de repli, son influence ne cesse pas de s’exercer au-dehors des strictes frontières du genre. Ainsi dans les romans d’Alain Nadaud, qui nous arrivent affublés de l’étiquette « roman d’aventures métaphysique ». On croirait entendre une définition de la SF, et, plus « littérateur d’idées » encore que bien des auteurs de SF, Nadaud lance ses personnages dans de longues considérations qui se fondent sans le moindre guillemet dans le corps du texte, un peu au détriment de l’action.
Mais de l’action, il y en a : Julius Marcellus, militaire gallo-romain dans un Empire en rétraction, est ballotté de ville en ville par l’émergence d’une identité gauloise et ses recherches sur un passé dont les habitants maîtrisaient des technologies beaucoup plus avancées ; en témoignent les restes de leurs routes, de leurs tunnels, de leurs parkings souterrains… On se croirait dans En attendant l’année dernière ! A ceci près que les gens naissent et meurent normalement ; c’est le cours de l’Histoire qui est touché, pas la vie quotidienne, d’où un sentiment d’illogisme qui conduit Julius à s’interroger sur son monde, beaucoup plus que ne le feraient les protagonistes des récits de SF, qui ont appris depuis Heinlein à ne pas faire l’article sur les choses étranges qu’ils côtoient !
Mais Julius est un intellectuel dans l’âme ; il s’interroge sur le monde qui l’entoure, il ne se satisfera pas de la vérité acceptée… un peu comme chez Dick, finalement. Nadaud écrit brillamment, et nous amène en conclusion à un autre Retour, qui paraît a posteriori incontournable. Vous ne regretterez pas de découvrir ce roman. »Pascal J. THOMAS

Voyage aux pays des bords du gouffre
Alain Nadaud
Denoël, coll. “L’Infini”, 1986
Chaque récit est la simplicité même (la complexité aussi !)
« Pas l’ombre d’une austérité, d’une emphase. Chaque récit est la simplicité même (la complexité aussi !) et parle à notre imagination. Et tant pis ou tant mieux si le lecteur découvre très vite que chaque variation a les mêmes trois petites notes de musique. »
Michèle GazierTéléramaPour Alain Nadaud le réel est un préjugé arbitraire
« Pour Alain Nadaud le réel est un préjugé arbitraire, sa seule réalité réside dans le monde latent de l’imaginaire. (…) Voyage au pays des bords du gouffre repose sur cette dimension essentielle de l’écriture d’Alain Nadaud : le paradoxe, véritable moteur intellectuel de la philosophie. (…).
Avec ce « Voyage », Alain Nadaud augmente la « bibliothèque de Babel » de quelques manuscrits arrachés à l’incendie de celle d’Alexandrie et, s’instituant « doxographe » de l’imaginaire, contribue à recomposer quelques lambeaux de l’envers du monde. »Jean-Didier WagneurLibérationEn quatorze énigmes, il bâtit un étonnant roman noir de l’écriture
« Presque tous les personnages de ces nouvelles, de siècle en siècle, de continent en continent, ont une même obsession : écrire. Contractée, tenue dans la brièveté de la nouvelle, l’imagination d’Alain Nadaud est encore plus inquiétante que sur la longue distance romanesque. En quatorze énigmes, il bâtit un étonnant roman noir de l’écriture. »
Josyane SavigneauLe MondeLa relève s’annonce bel et bien
« Bref, un livre qui confirme la vitalité des moins de quarante ans. La relève, sur laquelle il est parfois de bon ton de soupirer, s’annonce bel et bien. »
J.-M. de MontremyLa CroixNadaud y apporte de la conviction, de l’originalité, de la force
« Un recueil de Dorémieux, Promenades au bord du gouffre, porte presque ce même titre ; et, si l’on passe à la collection « L’infini », qui remplace ici « Présence du futur », il serait tentant de faire des comparaisons, surtout que Nadaud est, comme notre ancien rédacteur en chef, un amoureux de l’écriture… Quelqu’un aussi qui aime rien tant que les références, les revisitations de thèmes, encore qu’on puisse se demander si elles sont toutes volontaires. Nadaud sait-il que l’histoire de la Terre réellement plate de la nouvelle qui donne son titre au recueil a déjà été traitée par Philip José Farmer dans Par delà l’océan (FICTION 207) ? Peu importe. On ne peut par contre faire injure à l’auteur d’ignorer Le portrait ovale de Poe quand il signe La disparition (un écrivain « tombe » dans son écriture). Enfin, si on se réfère à Borges, dont il semble bien que l’ombre gigantesque plane au-dessus de Nadaud, cette comparaison ne peut que lui faire plaisir.
Écrire sur l’écriture, écrire sur l’écrit, faire peser le poids de l’écrit sur le monde de la fiction, se livrer à des phagocytages en chaîne, voire à des mises en abîmes, tel est le but de Nadaud, que sa matière soit directement fantastique, qu’il procède par allusions, ou encore plonge dans une historicité volontairement désynchronique (par exemple dans Attila, ou naturellement dans son roman précédent, L’envers du temps). On l’a comprit, et on eût aimé qu’il ne se livrât pas aux délices d’une préface explicative, surtout quand elle est ainsi délayée : « Ce livre apparaîtra donc comme le lieu où, sous différents angles, l’écriture s’affronte à elle-même dans le but de se saisir enfin et de connaître ce qui la fonde sans que celle-ci, menacée à chaque instant, ne veuille jamais rien céder du secret qui l’accable, si ce n’est, au terme de chaque texte… » (etc.) Logorrhée ensablée dans le telquelisme, ou humour ? Le héros de La faute trouve, p. 135, son écriture « trop travaillé, d’une certaine préciosité, guindée même… » Peu importe, au fond. Quand il se met à bien posséder son sujet, Nadaud y apporte de la conviction, de l’originalité, de la force.
Ainsi le vortex de son recueil (il compte 14 nouvelles) me semble constitué par trois textes qui se font suite : « Le biographe » (fausse légende chinoise), « La faute » (espèce d’Aveu ou de Zéro et l’infini revisités) et « Le buisson ardent » (qui pourrait être un épisode de l’Ancien Testament — on ne quitte pas les références). Dans le premier un écrivain doit dresser la biographie d’un empereur sanguinaire, dans le second un scribe officiel d’un régime communiste cryptique voit sa vie menacée par la faute d’un participe passé, dans le troisième un berger entend la voix de Dieu au milieu de ce buisson ardent dont la sève est de l’encre et les feuilles des feuilles de livre. Tous ces textes crient l’urgence d’écrire, la magie du geste, la nécessité vitale du témoignage, ce moment magique située « en ce point infime et délicat où se rencontrent précisément sans se heurter la feuille et le pinceau » (p. 129).
Une telle obstination (le dernier mot de la dernière nouvelle est : un livre !) finit par porter ses fruits : par delà un agacement de surface devant une préciosité parfois trop extérieure et envahissante, la voix d’Alain Nadaud nous atteint. Elle ne nous est pas indifférente. »Jean-Pierre Andrevon

Désert physique
Alain Nadaud
Denoël, 1987
Le roman de l’impérieuse nécessité du roman
« Alain Nadaud a désormais achevé sa fascinante remontée du temps, jusqu’à la source de l’écriture ; il touche enfin à ces limites extrêmes, après lesquelles commence l’en deçà de la conscience, sa protohistoire. Désert physique : on discerne maintenant combien des œuvres antérieures comme l’Envers du temps et Voyage au pays des bords du gouffre confluaient vers ce texte capital, qui pose dans leur indissolubilité la question du temps et celle de l’écriture. (…)
Rarement romancier avait manifesté d’une manière aussi incandescente la fonction élémentaire et vitale de l’écriture, sa rémanence longtemps après la disparition de la conscience qui a commandé à la main son tracé. Quelques traits malhabiles, de simples signes comme antidote au vide d’avant et d’après nous: Désert physique ou le roman de l’impérieuse nécessité du roman. »Jean-Claude LebrunRévolutionDésert physique se déguste vite
« Alain Nadaud nous offre un bien beau roman ; beau par sa simplicité. Simplicité du récit qui se déroule, limpide, au fil des événements ; simplicité de la narration, qui prend la forme d’un journal intime ; simplicité du symbolisme, qui touche à l’universel. Désert physique se déguste vite – c’est un roman à suspense – et laisse songeur sur ses implications profondes. De la belle ouvrage. »
Aurélien FerencziLe Quotidien de ParisSaluons à nouveau la puissance d’invention d’Alain Nadaud
« Saluons à nouveau la puissance d’invention d’Alain Nadaud. Sobrement, avec une poétique économie de moyens et un très bon sens de l’intrigue, celui-ci parachève une plus sourde exploration, ouverte par Archéologie du zéro et poursuivie par L’Envers du temps, où tout langage bute au pied de la lettre face au vide – au trop-plein – du commencement. »
J.-M. de MontremyLa CroixUn plaisir de l’intelligence
« C’est Jorge Luis Borges qui plane comme une ombre bienveillante sur les romans d’Alain Nadaud.(…) Sous le canevas romanesque, le lecteur éprouve essentiellement un plaisir de l’intelligence. Original. Le livre est servi par une écriture classique et dense. »
L. L.La CroixUn grand roman d’aventures
« Alain Nadaud a écrit ici un grand roman d’aventures qui se développe autant vers l’action que vers la profondeur de la réflexion sans qu’aucun des deux chemins suivis ne desserve jamais l’autre. »
Pierre MauryLe Soir de BruxellesNe fût-ce que par ses titres et ses sujets, Alain Nadaud fascine
« Ne fût-ce que par ses titres et ses sujets, Alain Nadaud fascine. Son premier roman, Archéologie du Zéro (1984), avait d’emblée cristallisé les curiosités autour de la description et de la mise en scène du néant, poursuivi jusque dans ses moindres et derniers retranchements. Nadaud lui-même en parlait comme d’un « roman d’aventures métaphysique », et il réussissait effectivement à donner forme et vie à une idée pure, voire à un paradoxe logique, avec un brio tel que réitérer semblable coup d’état aurait paru une gageure. L’envers du Temps (1985) a pourtant suivi de près, qui menait en action et prenait à rebours la mémoire et l’Histoire. Et un an plus tard, c’était ce Voyage au pays des bords du Gouffre. Un voyage fragmenté en quatorze nouvelles qui sont autant d’incursions dans le cœur de concepts : romancer la vie, préserver jusqu’à la démence la matérialité d’un texte, formuler les preuves de la non-existence de Dieu…
Ainsi donc, il y a une imagerie Nadaud, qui fait le pont entre les abstractions, et la dynamique du récit de fiction. Et dont Désert physique donne aujourd’hui une nouvelle et passionnante illustration. L’imaginaire composite d’Alain Nadaud part d’un argument romanesque déjà riche en soi : une mission de fouilles archéologiques dans la région désolée du Bas-Samrud (où serait apparue l’écriture au quatrième millénaire avant notre ère), entre l’Iran et l’Irak, cernée par le tumulte d’une guerre moderne. Exhumer une bibliothèque peut-être mythique, dans le contexte d’une réalité fort actuelle, par la grâce d’un livre. Et Nadaud densifie cette thématique par un jeu dangereux sur la notion de sécheresse : le narrateur, en même temps qu’il voit son travail d’archéologue contrarié par des accidents, et sa passion pour Leïla réduite à néant par le meurtre de cette adolescente, se sent graduellement dépouillé, atteint dans sa chair par une maladie de désertification intégrale… Désert physique, domaine de l’inaboutissement où seule la recherche d’une écriture originelle, du degré zéro de l’expression, pourra maintenir quelque espoir…
A demi-mots, on aura compris l’intérêt et l’ambition de ce livre : repenser les moyens de la littérature, harmoniser avec originalité l’introspection et l’aventure. Alain Nadaud n’est pas seul à explorer ces parages, et il en fournit d’ailleurs la preuve dans le n° 119 de L’Infini, revue dont Philippe Sollers lui a confié la mise en œuvre pour cette fois, et qui regroupe vingt-cinq écrivains jeunes autour de la question de savoir où en est la littérature. On ne s’étonnera pas si les réponses y prennent souvent la forme d’une fiction…. »Alain Dartevelle

L’Iconoclaste
Alain Nadaud
Quai Voltaire, 1989
Œuvre originale
« Ceux qui ont lu Archéologie du zéro ou Désert physique retrouveront avec plaisir le style épuré et les domaines de prédilection d’Alain Nadaud qui, avec L’Iconoclaste vient une nouvelle fois de faire œuvre originale. »
Ouest FranceUne immense intrigue
« Mais, on l’a compris, cette exceptionnelle documentation n’a presque plus d’importance. Pas plus que n’a d’importance, en fin de compte, celle de Flaubert pour Salammbô. Elle nourrit ici un rêve, des couleurs, une vision intérieure forte. Et l’on se moque bien de savoir ce qui, dans les documents, est vrai, ce que Nadaud adapte, ce qu’il paraphrase, ce qu’il complète ou ce qu’il invente. On se sent tout simplement pris par une immense intrigue menée sobrement, simplement, avec cette part de rêve que donne une écriture volontairement retenue, voire faussement neutre, à rebours du roman historique. Et donc encore plus romanesque. »
J.-M. de MontremyLa CroixChef-d’œuvre parfaitement isolé dans l’époque
« Avec L’Iconoclaste, Alain Nadaud a composé une manière de chef-d’œuvre parfaitement isolé dans l’époque. Depuis sa pythagoricienne Archéologie du zéro, on connaît le talent de constructeur de Nadaud et la vigueur de ses fables. L’iconoclaste allie à ces vertus le pittoresque des temps et des lieux et un très salutaire goût de l’équivoque. Que l’on ne croie point en effet que le livre illustre tout uniment une thèse.(…) Sans doute faut-il ajouter, puisqu’il est de bon ton, aujourd’hui, de déclarer lassant tout ouvrage qui ne sacrifie pas à la facilité de l’historiette psychologique bricolée, qu’un roman si large n’est pas une seule fois ennuyeux et que la diversité des modes de narration le garantit contre la monotonie. Qu’il est en somme intelligent, bien écrit et que sa lecture est voluptueuse. »
Philippe DagenLe MondeMéditation à notre siècle d’images pas toujours sacrées
« Aventureux, théologique, d’une violence extrême parfois, L’Iconoclaste pourra servir de méditation à notre siècle d’images pas toujours sacrées, destinées parfois à faire des individus de petits dieux aux ailes singulièrement rognées. »
Françoise DucoutElleLes qualités d’écrivain d’Alain Nadaud nous emportent très loin, tout près et très haut
« A l’amateur d’historiettes sentimentales et de récits qui ne racontent que ce que l’on sait depuis toujours, il est recommandé de fuir ce livre. A ceux qui aiment s’enfoncer dans une œuvre dense où l’érudition n’engendre pas l’ennui, découvrir des pays et des mœurs, les luttes de l’esprit, le pouvoir des religions et les difficultés de la foi, des caractères d’hommes qu’on ne rencontre pas tous les jours et les replis les plus obscurs des âmes, c’est de s’installer dans cette aventure qu’il est recommandé. Les qualités d’écrivain d’Alain Nadaud nous emportent très loin, tout près et très haut. »
Pierre-Robert LeclercLe Magazine littéraireUne superproduction jamais artificielle
« Depuis son premier livre, Alain Nadaud suit un chemin frontalier entre philosophie et littérature. (…) Mêlant les documents originaux à la fiction, il réalise une superproduction jamais artificielle qui trouve son rythme dans le relais des narrateurs, et sa séduction dans le mélange des genres. C’est la fusion des aventures d’Alix et de la collection Guillaume Budé. »
Jean-Didier WagneurLibérationL’amour des images
« Avec cet Iconoclaste paru en 1989 au Quai Voltaire, Alain Nadaud trop tôt disparu (en juin 2015) était décidément »éclairé ». Ces querelles, des huitième et neuvième siècles, dites »byzantines », ou querelles des images, semblent avoir trouvé comme un sombre prolongement dans notre monde contemporain. Il est donc plus qu’urgent de lire Alain Nadaud à l’aune du flot d’images qui nous inonde. »
Dommar56Rakuten

Ivre de livres
Alain Nadaud
Balland, 1989
Voilà un livre pour aimer tous les autres livres
« En bibliomaniaque, en écrivain (de talent), en amateur qui aurait le vertige des bibliothèques, Alain Nadaud fait le tour du livre. (…) Il marche au pas, prudent comme un ethnographe qui irait décrire une peuplade qu’il connaît bien mais dont les réactions sont imprévisibles. Voilà un livre pour aimer tous les autres livres. »
Manuel CarcassonneLe FigaroNe manquez pas ce bréviaire d’amour des lettres
« Ah, que j’aime ce texte, il m’est proche, presque familier, je ressens le même amour fou sinon croissant pour l’imprimé, malgré la quantité de livres que je reçois. J’ai trouvé toute cette ferveur chez Nadaud, qui définit la lecture en tant que « plaisir immédiat ». Si vous avez les mêmes penchants, ne manquez pas ce bréviaire d’amour des lettres. »
Christine ArnotyLe Parisien libéréCe joli texte nous renvoie comme un miroir l’image de notre propre bibliomanie
« Avec Ivre de livres, Alain Nadaud viole notre intimité en dévoilant la sienne. Passionné de livres, il effeuille sa marguerite séquence après séquence, et fait tant et si bien que ce joli texte nous renvoie comme un miroir l’image de notre propre bibliomanie. Si, d’un amateur à l’autre, il y a quelques variantes, notre rapport personnel à l’objet-livre, cette relation que nous voudrions rare et exquise, se révèle à l’analyse d’une grande universalité. »
Agnès VaquinLa Quinzaine littéraireIl voyage dans les caractères typographiques comme dans des terra incognita
« On comprend qu’Alain Nadaud soit ivre de livres, que son appartement en soit bourré, qu’il voyage dans les caractères typographiques comme dans des terra incognita, qu’il contemple les vitrines et les tables des libraires comme un alchimiste la course des planètes. Le lieu de la rédemption est là, fragile dans la graphie d’une lettre, chaque page est une icône incessante et infinie. »
Jean-Didier WagneurLibérationSon Ivre de livres restera
« Qu’Alain Nadaud se rassure, son Ivre de livres restera dans un coin de la bibliothèque pour le relire « au cas où ». Un soir du « à quoi bon » lire, par exemple ! »
André RollinLe Canard enchaînéUn tout petit livre qui mériterait d’être découvert ou redécouvert…
Quel merveilleux titre pour un texte aussi épatant et passionné, bien qu’Alain Nadaud fasse souvent office de « stroumpf grognon », exagérant sa misanthropie…ses défauts, et ceux des autres, concernant leur caractère jaloux et possessif quant à leurs livres et leur bibliothèque…
Alain Nadaud n’épargne personne ni nous, pauvres lecteurs passionnés et « addicts », ni les libraires ni les bibliothécaires, ayant du mal à se dessaisir des livres qu’ils aiment et préfèrent !
Un hommage multiple au Livre et à ses « adorateurs », passionnés, exclusifs, partageurs ou non, etc. où nous nous retrouvons tous, à un moment ou à un autre , dans les descriptifs divers et variés de nos multiples manies , quant à nos livres, nos bibliothèques, nos rangements et nos classements !!!
Un tout petit livre qui mériterait d’être découvert ou redécouvert…, qui n’a pas pris une ride. Je m’en suis défait à regret, mais justement il méritait d’aller « habiter » d’autres maisons attentives… »
1ère critique sommaire déposée en 2013- Acquisition en 1989-
Relecture le 16 juin 2024, et déposé, pour une nouvelle vie, au kiosque des Livres voyageurs, au Square des Poètes… (Paris 16e)Babelio

L’Iconoclaste
Alain Nadaud
Seuil, 1992
La réussite d’un livre ambitieux
« Si Alain Nadaud, qui a 44 ans, et qui ne court pas après les trains, a choisi de situer son cinquième roman dans l’ancienne Asie Mineure, celui-ci ne nous semble pas moins « moderne » que les produits du jour (…) A la façon d’un Roberto Calasso en Italie, Alain Nadaud démontre que les mythes fondateurs de notre culture sont encore apte à nous instruire sur nous-mêmes, à condition de les éclairer de l’intérieur, d’en raviver la fable et, à tous les sens du terme, la flamme…
(…) Le livre nous touche par cette haute exigence, et parce que celle-ci repose sur un dispositif romanesque à grand spectacle.(…) Rien n’est plus plaisant que de saluer la réussite d’un livre ambitieux, en soupçonnant, par surcroît, que Roger Caillois l’aurait aimé. »Pierre VeilletetLe Nouvel observateurMythe magnifique, cruel destin
« Mythe magnifique, cruel destin que celui d’Erostrate, l’homme avide d’éternité et condamné à l’oubli, qui meurt en entendant la terrible sentence, l’obligation au silence, conscient alors de l’inutilité de son crime. Ce mythe, Alain Nadaud le prend en charge admirablement, mais en intellectuel plus qu’en romancier. »
Marion Van RenterghemLe MondeUne fête somptueuse
« Par-delà l’anecdote, le jeu des références fictives, les labyrinthes de l’érudition et du mensonge, par-delà le récit des errances du narrateur, La Mémoire d’Erostrate est une méditation subtile et inquiète sur la nature et le sort de l’œuvre littéraire, sur la quête d’absolu de l’écrivain, son désir farouche d’échapper à l’empire de la contingence et du temps pour se faire reconnaître par la postérité, partant conquérir sa part d’immortalité.
Sûr de son art et de ses moyens, Alain Nadaud convie son lecteur à une fête somptueuse où l’intelligence et la culture, l’émotion et l’ironie sont les vrais maîtres de maison. »Bruno de CessoleLe FigaroC’est un mystère que nous sommes invités à partager
« On songe au merveilleux Pavillon d’or de Mishima – c’est qu’ici comme là ni une flamboyante anecdote ni l’érudition n’étouffent et ne masquent un propos qu’il ne faut pas tout à fait délester de l’énigme qui le fonde. C’est un mystère que nous sommes invités à partager. »
Pierre MertensLe Soir de Bruxelles
Malaise dans la littérature
Alain Nadaud
Champ Vallon, 1993

Nul n’était mieux placé que lui pour désigner les coupable
« Alain Nadaud démonte, dans son essai, les mécanismes d’un système éditorial et marchand qui conduit à réduire, peut-être inexorablement, la place des vrais livres : ceux dont on sent à coup sûr, à l’accent et au ton, qu’ils sont nés de l’urgence, qu’ils obéissent à une nécessité, expriment une obsession fondamentale, bref qu’ils ne se contentent pas de raconter joliment une histoire. Nul n’était mieux placé que lui pour désigner les coupables. »
Isabelle MartinLa Tribune de GenèveCet essai arrive à pic
« A l’heure des prix prétendument littéraires, cet essai d’Alain Nadaud, auteur de plusieurs romans, arrive à pic. Il dénonce, avec brio et pertinence, la dérive de l’édition, qui n’a, le plus souvent, « de complaisance que pour les marchandises susceptibles de circuler à grande vitesse. » Si bien que tout s’affadit, se banalise, et que les livres se savonnettisent pour glisser vers le seul rendement. »
André RollinLe Canard enchaîné

Le livre des malédictions
Alain Nadaud
Grasset, 1995
Une belle puissance romanesque
« Prendre comme personnage de roman des concepts, c’est possible ? Oui, Alain Nadaud le prouve avec talent depuis son premier roman Archéologie du zéro, et aujourd’hui encore avec Le Livre des malédictions. Mais, attention nulle outrance théorique chez lui. La réflexion est subtilement intégrée à la fiction, les concepts incarnés par des personnages confrontés à des énigmes vertigineuses qui les poussent aux confins de la folie, et le tout révèle une belle puissance romanesque. »
Christophe KantcheffLa VieL’érudition vertigineuse se mêle à des histoires
« L’originalité d’Alain Nadaud est d’avoir creusé son sujet en profondeur, sans se contenter de ce qu’il offrait déjà de pittoresque et d’aventureux. (…) Ici, l’érudition vertigineuse se mêle à des histoires de mari inquiétant, de « privé » intelligemment naïf, de belle blonde habile à l’amour et au revolver. Quant au Livre des malédictions découvert et traduit par Tracher, il voue aux gémonies, en clair, le mauvais écrivain : c’est le sommet de l’humour et le faîte de l’édifice. »
Nicole CasanovaLa Quinzaine littéraireSavants et ludiques à la fois
« Depuis une dizaine d’années, Alain Nadaud poursuit une entreprise romanesque très singulière. Traversés de plusieurs thèmes qui s’entrecroisent, ses livres forment une constellation personnelle dont chaque étoile porte la marque d’un créateur aussi attaché à l’imagination qu’à la vraisemblance. Il ouvre des pistes dans ce que nous croyons connaître afin d’asseoir la crédibilité de ce qu’il veut nous présenter, et pour mieux peut-être nous leurrer. Savants et ludiques à la fois, les romans d’Alain Nadaud ressemblent parfois à des essais, ce qu’ils ne sont jamais puisqu’ils ne se privent pas de nous raconter une histoire et de nous faire croiser des personnages nés dans l’esprit de leur auteur. »
Pierre MauryLe Soir de BruxellesLa connaissance est romanesque et peut être passionnante comme une fiction
« Qu’est-ce que l’érudition ajoute à la littérature ? Un domaine d’investigation sans limites, une apparence de rigueur qui ne demande qu’à être subvertie, la certitude enfin que la connaissance elle-même est romanesque et peut être passionnante comme une fiction. Car le savoir, surtout celui des sciences humaines, est un champ de ruines d’hypothèses aussitôt abandonnées qu’échafaudées, fascinant pour ce qui s’y est déposé de rêves plus ou moins délirants. (…) Il faut savoir gré à Alain Nadaud d’avoir contourné, et avec quel brio ! les deux principales sources d’inspiration du roman français, l’autobiographie et l’histoire d’amour, et d’avoir défriché une voie nouvelle, à l’écart des sentiers battus. »
Pascal BrucknerLe Nouvel ObservateurLe désir de fiction ne dispense pas nécessairement de penser
« Au commencement était l’Ecriture. Voilà pourquoi le nouveau roman d’Alain Nadaud est, littéralement et dans tous les sens, l’œuvre d’un brillant iconoclaste. C’est qu’il faut de l’audace pour présenter, aujourd’hui, à un lecteur non pas un ni deux, mais plusieurs niveaux de lecture sans que jamais l’attention se relâche. C’est qu’il faut aussi une certaine inconscience pour affirmer avec autant de connaissance savante et moqueuse que le désir de fiction ne dispense pas nécessairement de penser. »
Joseph-Macé-ScaronLe FigaroUn vertige métaphysique, dont l’ambition ne déçoit jamais
« Les lecteurs familiers de l’univers d’Alain Nadaud attendent chaque nouveau roman comme un rendez-vous rare. L’occasion précieuse d’un vertige métaphysique, dont l’ambition ne déçoit jamais. Les amateurs de jeux de l’esprit apprécieront ce Livre des malédictions, par l’intelligence de son propos, dépouillé des séductions du romanesque. Les néophytes, s’ils ne s’effraient pas de l’exigence de l’auteur, sauront sans doute reconnaître le spectre de Jorge-Luis Borges et sa figure de bibliothécaire aveugle, déjà à l’œuvre dans Le Nom de la rose d’Umberto Eco, dans cette intrigue à la Leo Perutz. Balises rassurantes dans la spirale érudite où s’abîme la raison ordinaire. »
Philippe-Jean CatinchiLe MondeBien du mal à lâcher ce livre avant la fin
« Dans ce livre, l’aventure physique relance constamment l’aventure érudite. L’exégèse y voisine avec les filatures et les cambriolages. Le renseignement avec la paléographie. On se retrouve dans un univers à la Spielberg aux accents mallarméens. Car ce roman sur les Ecritures est aussi un roman sur l’écriture, une parabole sur la création littéraire qu’il revient au lecteur d’interpréter à sa manière. En tout cas, il aura bien du mal à lâcher ce livre avant la fin, et c’est là la seule malédiction qu’on puisse lui souhaiter. »
Jean-Didier WagneurLibérationMalicieux et érudit
« Un roman malicieux et érudit qui emprunte à l’aventure métaphysique, au polar et la bande dessinée, un meurtre, une femme fatale et un privé amoureux, sur fond de Muséum d’histoire naturelle. »
©Electre 2025

Les années mortes
Alain Nadaud
Grasset, 2004
L’éveil littéraire
« Les Années mortes sont devenues celles de l’éveil littéraire. Et ce récit (…) s’élève soudain à la hauteur, où l’air est pur, des écrits inflexibles de Charles Juliet. »
Jérôme GarcinLe Nouvel ObservateurVirtuose jusqu’au vertige
« Pas plus que le lecteur d’Archéologie du zéro, celui d’Auguste fulminant n’attendait Alain Nadaud sur le terrain du récit autobiographique.
Réputé pour sa science consommée de la spéculation littéraire, virtuose jusqu’au vertige, passé maître dans le genre périlleux de l’allégorie (Une aventure sentimentale), l’écrivain n’a guère emprunté jusqu’ici que des pistes où l’audace le dispute à l’invention. Au risque de passer pour un auteur « difficile ». »Philippe-Jean CatinchiLe MondeUne expérience de révolte intérieure
« On ne peut s’empêcher, en lisant le récit d’Alain Nadaud, de penser aux Désarrois de l’élève Törless, le premier roman de Robert Musil, paru en 1906. Certes, près d’un siècle sépare les deux œuvres. Entre-temps est venu un considérable savoir nouveau en matière de sciences humaines.
On en sait également plus sur la mécanique fragile du moi profond et sur l’écriture comme lieu de sa représentation symbolique. Mais l’on assiste, dans l’un et l’autre cas, à une perturbation fondatrice de l’être adulte, à partir d’une expérience de révolte intérieure. »Jean-Claude LebrunL’HumanitéÉcrire lui-même ce qu’il aurait envie de rencontrer dans les livres
« Le sixième jour, l’adolescent devient écrivain. Ou plutôt, il sent naître en lui le désir de le devenir. Il est au pensionnat et ne trouve de véritable distraction que dans la lecture. Or les ouvrages à sa disposition se révèlent décevants. Il n’imagina pas de meilleure solution à son problème que de se décider à écrire lui-même ce qu’il aurait envie de rencontrer dans les livres…
Et voilà probablement pourquoi Alain Nadaud se lance, depuis une vingtaine d’années, dans des entreprises plus ou moins romanesques, où le goût de la fiction se cache parfois (à peine) derrière un sérieux affiché. »Pierre MauryLe Soir de BruxellesDes riens qui deviennent le centre du monde
« C’est la première fois que l’auteur d’Archéologie du zéro, de La Fonte des glaces et de beaucoup d’autres romans impressionnants de rigueur et de beauté, aborde ouvertement le genre autobiographique.
Le style de Nadaud, souvent empreint d’une ironique rectitude et d’un sens très latin de l’ablatif absolu, se fait ici plus frémissant, moins corseté, pour traduire une indignation et une révolte intactes plus de quarante ans après. Un grand écrivain se reconnaît à ce qu’il fascine avec des riens qui deviennent le centre du monde. »Bernard FauconnierLe Magazine littéraireL’écriture le sauve
« La logique narrative de ce récit autobiographique relève de l’inventaire : en huit jours et huit objets minutieusement décrits, de la valise toute cabossée à la blouse grise, en passant par le porte-plume à l’ancienne, l’auteur ressuscite ce qu’il nomme lui-même ses « années mortes ».
Un long apprentissage de la solitude et de la douleur morale, exagérée bien sûr par la fragilité de l’enfance, qui prend la forme d’un séjour en pension chez les Pères. Punitions physiques, ambiance confinée, premiers émois, paysage imprécis et cotonneux de l’ennui, jalousies et mensonges, cruautés des camarades. L’air est connu, mais Alain Nadaud transcende la banalité de l’expérience par le recours de l’enfant à l’écriture.
L’écriture, jusqu’aux dictées infligées, le sauve, en même temps que l’imaginaire où il se complait, qui le protège du réel trop médiocre et décevant. »Éditions GrassetUne naissance à l’écriture et à la lecture
« Depuis peu, l’on célèbre – reality shows inclus – la bonne vieille école en blouse grise et le maître inaccessible, deus ex machina du tableau noir. De sa décennie passée dans un internat de Frères, à la jonction des années 1950-1960, l’écrivain Alain Nadaud (né en 1948) parle, pour sa part, comme de ses Années mortes. Vaste bâtiment sévère, jardin rudement taillé, cours bétonnées, longs dortoirs spartiates, repas en silence, emploi du temps réglé pour n’en pas laisser. Voilà pour le cadre.
Les Années mortes n’est toutefois pas un livre de souvenirs, mais le récit d’une naissance à l’écriture et à la lecture. Quand on a reçu le même prénom que son frère inconnu, mort prématurément, tracer sur les copies ce prénom qui n’est pas tout à fait le sien, c’est découvrir sa propre « identité incertaine », comme Ulysse ou comme l’« homme sans qualités » de Musil. Être puni par la rédaction de mille lignes à copier et compiler, c’est découvrir le texte infini. Choisir un livre dans la bibliothèque, sans avoir le temps (ni le droit) de le feuilleter auparavant, c’est rêver du livre absolu, du chef-d’oeuvre introuvable.
Cette décennie en pension, Alain Nadaud la raconte en huit « jours » – de l’arrivée, enfant, jusqu’à la sortie, adolescent. Il le fait avec ce style net, présent-absent, dont l’ordre et la clarté trahissent d’autant plus l’émotion. Chaque « jour » est précédé d’une fiche d’« inventaire » où l’écolier décrit successivement sa valise, son porte-plume, sa blouse grise… Autant de poèmes en prose nés de l’attention qu’un enfant seul porte au peu d’objets qui sont les siens. »Jean-Maurice De MontremyCe sentiment de messianisme
« On pourrait multiplier les exemples précis qui montrent le jaillissements, d’une manière cyclique, de ce sentiment de messianisme qui habite l’humanité à un moment de son parcours, cette aspiration à un âge d’or vers lequel toute civilisation, emprisonnée dans les âges d’airain ou de fer, regarde et dont l’enfant dans son innocence et sa lucidité est le symbole tutélaire.
C’est un beau livre que ces Années mortes où l’écriture ample et sonore ne laisse pas de nous enchanter. Et ici encore, comme dans ses précédents romans, sous la gravité du propos, surgit parfois un regard amusé dont le héros fait souvent les frais et le lecteur ses délices. »Fathi Chargui

Auguste fulminant
Alain Nadaud
Grasset, 1997
L’univers étourdissant de Nadaud
« Il est devenu commun de saluer l’intelligente facture des romans d’Alain Nadaud comme leur singularité profonde – un argument ingénieux servi par une écriture littéraire talentueuse.
Mais ces recommandations l’ont, du même coup, privé d’une large audience, tant les spéculations sur les fins ultimes de la littérature peuvent effrayer. Comme un festin trop riche dont le menu seul rassasie déjà.
Ceux qui intimidés n’ont jamais osé approcher l’univers étourdissant de Nadaud ne doivent en aucun cas manquer son nouveau roman, le sixième et le moins réservé. »Philippe-Jean CatinchiLe MondeUn polar virtuose
« Avec Auguste fulminant, Alain Nadaud nous entraîne dans l’un de ces dédales romanesques, érudits et raffinés, dont il s’est fait une spécialité. Un polar virtuose, à partir d’un jeu de miroirs entre le présent et l’antiquité romaine.
Dans cette haletante histoire, à double détente, des événements récents paraissent en effet venir en écho à une lointaine fable, pour nous instruire d’un même combat et d’un même drame, sans cesse recommencés. Prolongeant une réflexion à laquelle le romancier, de livre en livre, ne cesse en fait de se consacrer. »Jean-Claude LebrunL’HumanitéUn écrivain aussi captivant qu’érudit
« L’homme ne se laisse pas séparer de l’œuvre, quoi que prétendent les chimistes du texte. Alain Nadaud, dans un roman astucieux qu’on aurait tort de mettre parmi les romans historiques qui n’ont pour eux que la gratuité du jeu des ombres, fait surgir dans une clarté redoutable ce qui différencie de tout le reste l’œuvre littéraire, sa naissance, sa croissance, son destin et sa destination. (…)
Les fatalités ne manquent pas dans l’histoire de Virgile, mise en roman par un écrivain aussi captivant qu’érudit. »Lucien GuissartLa CroixDes vertiges narratifs inédits
« Tous les romans historiques de Nadaud en viennent à considérer la lecture de l’Histoire comme une succession de spéculations où l’imaginaire serait présent. Dans chacun de ses livres, une thèse historique singulière permet d’aborder la fiction et son agencement de manière spécifique.
Se refusant tout canevas psychologique ou description d’un réel ressemblant au nôtre, Nadaud s’éloigne des genres actuels. Se jouant de ses concepts, il entraîne son lecteur dans des vertiges narratifs inédits où l’iconoclaste n’est jamais loin du philosophe. »Romarie GergorinLes InrockuptiblesUne fable très moderne
« Avec cet Auguste fulminant, Alain Nadaud semble vouloir réitérer l’exploit du Livre des malédictions et tisser une nouvelle trame romanesque capable de marier intimement l’antique et l’actuel. (…)
Auguste fulminant est une fable très moderne, un jeune arbre avec de vieilles racines ; Alain Nadaud y a veillé en faisant de ses personnages d’aujourd’hui des acteurs modernes du drame ancien, comme si la tragédie était vouée à répétition, comme si un polar pouvait durer deux mille ans. »Catherine DavidLe Nouvel ObservateurImpossible en effet de démêler le vrai du faux
« L’ennui, c’est qu’Alain Nadaud invente presque tout. Avec lui, impossible en effet de démêler le vrai du faux. La culture de l’auteur dépassant celle du lecteur, le doute finit par devenir général. Ainsi en va-t-il aujourd’hui dans Auguste fulminant. »
Etienne DumontLa Tribune de GenèveUn Sherlock Holmes égaré chez Borges
« Où finit la réalité historique, où commence la pure fiction ? Les romans d’Alain Nadaud ont ceci d’original qu’ils sapent le bien-fondé de la question.
Soumis à la relativité des témoignages et à l’interprétation des traces, les prétendus faits ouvrent des perspectives vertigineuses, entre l’espace d’un tableau de Chirico et le temps d’un Sherlock Holmes égaré chez Borges. »Nadine SautelLe Magazine littéraireUn vrai régal pour l’esprit
« Alain Nadaud a établi avec l’Histoire un rapport original. Son œuvre tout entière s’en inspire, mais s’oppose à l’idée même du roman historique. Tantôt les faits se jouent du temps, tantôt le temps des faits. Un vrai régal pour l’esprit. Nous en mesurons une fois de plus les sortilèges avec ce dernier livre qu’il nous invite à qualifier de « polar archéologique ».
André BrincourtLe FigaroLes jeux de l’imagination et du gai savoir
« Dès son premier roman, Archéologie du zéro, Alain Nadaud a manifesté ce goût pour les jeux de l’imagination et du gai savoir, évoquant les déambulations babéliennes du grand Borges.
Rompant avec ce qu’il y a souvent de si nombriliste dans le roman contemporain, l’auteur d’Ivre de livres, qui se mit naguère à dos une partie du milieu littéraire parisien en dénonçant un Malaise dans la littérature, poursuit son exploration du Labyrinthe avec une alacrité imaginative que le lecteur appréciera. »Jean-Louis KufferVingt-quatre heuresSuperbe imbroglio policier contemporain
Superbe imbroglio policier contemporain autour de l’achèvement de l’Énéide et de la mort de Virgile.
Publié en 1997, le septième roman d’Alain Nadaud garde un petit air familier pour les lecteurs de son admirable Archéologie du zéro (1984). Loin des fouilles égyptiennes et de l’histoire de la secte des adorateurs du chiffre-néant, c’est d’Enée, de Virgile et d’Octave Auguste qu’il est ici brillamment question.
Un journaliste contemporain est chargé, quelque peu en urgence, de rendre compte du mystérieux incendie criminel d’un petit musée archéologique tunisien, disparu ainsi avant même son ouverture. En quelques jours, il se retrouve plongé dans le tourbillon des rivalités, des rancoeurs, voire des haines, entre une jeune archéologue de terrain, un historien muséographe de grand renom, et un attaché culturel latiniste émérite, qui finira par mourir bien mystérieusement quelques semaines plus tard, quasiment sous les yeux du journaliste…
Le véritable enjeu ne se situe toutefois pas dans les mesquineries bien contemporaines des cercles de la recherche en Antiquité, mais bien, à travers la mise à jour d’une correspondance oubliée entre les deux « éditeurs » de l’Énéide de Virgile, d’accéder, peut-être, à la vérité sur la mort tragique de Virgile, sur les impacts attachés à son Énéide, et sur le sombre rôle potentiel de l’empereur Auguste, il y a plus de 2 000 ans.
Présenté avec brio sous forme d’organisation du matériau rassemblé par le journaliste, au fil de la brochure descriptive des 8 vitrines consacrées à l’Énéide dans le musée avorté, des 8 cassettes d’entretiens avec l’attaché culturel et des 8 lettres échangées entre Varius et Tucca, cet étonnant roman policier constitue surtout une superbe fable, redoutable, sur le lien entre l’écrivain-poète et le pouvoir politique, aujourd’hui comme hier et avant-hier…BabelioBeaucoup de suspense dans ce très beau livre
« Un journaliste est envoyé sur les traces d’une correspondance datant d’il y a 2000 ans, entre les éditeurs de l’Énéide. Il va alors rencontrer plusieurs personnages : Gilles Virandes, diplomate supervisant l’aménagement d’un musée consacré à Virgile, la soeur d’une jolie archéologue, qui était responsable du musée et René Teucère, archéologue et muséographe, dont le seul espoir est une nomination à l’Unesco.
De là découleront les chapitres qui au fur et à mesure de la lecture, démontrent que René Teucère s’est trompé. On a en effet chaque fois un passage de la correspondance des deux éditeurs qui prouve que Virgile a été assassiné. Ce dernier s’était rendu compte qu’il ne fallait pas publier l’Énéide, en raison des erreurs qu’il avait commises en l’écrivant. Auguste se mit en colère et programma la mort de Virgile afin de récupérer son oeuvre.
On a aussi une description des vitrines du musée, telles que René Teucère les avaient conçues, sans tenir compte de l’avis de Gilles Virandes, qui avait compris, avant même d’avoir la preuve par la correspondance des deux éditeurs de Virgile, que Virgile avait fait un voyage à Carthage pour vérifier le propre voyage d’Enée.
Et enfin, on a les divers enregistrements de notre journaliste qui a pu interroger Gilles Virandes avant sa mort. On apprend alors qu’il y avait un total désaccord entre Teucère et Virandes au sujet de Virgile mais aussi la tristesse de Virandes qui aima en silence la belle archéologue alors que celle-ci a préféré les bras de Teucère. Mais qu’est-ce qui a fait que le musée a brûlé ? Et pourquoi Gilles Virandes meurt soudainement ? Beaucoup de suspense dans ce très beau livre. La correspondance entre V. Rufus et P. Tucca est passionnante. »Babelio

Une aventure sentimentale
Alain Nadaud
Éditions verticales, 1999
Le tour de force d’Alain Nadaud
« Le tour de force d’Alain Nadaud, avec un tel personnage, est de ne pas verser dans l’abstrait, de nous garder dans le domaine des sons, des odeurs, des étoffes et des carnations. Ses noces de chair et de papier avec l’Ecriture auront été, une fois de plus, fécondes. »
Alain NevezTéléramaCet indispensable essai
« Le romancier a eu l’occasion d’exprimer dans Malaise dans la littérature son inquiétude de voir l’écriture, cette mise à distance, ce questionnement du réel, abandonner son privilège d’indétermination pour se plier à la rationalisation marchande. De cet indispensable essai, composé sous l’invocation de la critique situationniste du spectacle, à un roman auquel le Paris de la Fronde sert de décor, il n’y a qu’un pas, mais ce pas est immense en ce qui concerne la beauté, le sens, la violence.
Alain Nadaud a trouvé le moyen d’exprimer très précisément ce que ses contemporains ne veulent pas entendre à propos de l’écriture. Borges disait que les tyrannies obligeaient à inventer des métaphores. La tyrannie dans laquelle nous vivons, tyrannie de l’adhésion, de la circulation et du temps réel, en suscite trop peu pour qu’on ne prenne pas celle-ci pour un signe. On ne nous aura pas vivants ! »Sébastien LapaqueLe FigaroUn récit rare et de premier intérêt
« Que je sache, c’est une des premières fois où un écrivain s’adresse à celle qu’il faut bien appeler sa partenaire. Une partenaire, comme nous le voyons dans le roman d’Alain Nadaud, bien difficile à vivre, à conquérir, à maîtriser…(…)
Cette écriture toute puissante, compagne des humbles et des héros, des enfants et des dieux, l’auteur nous en montre avec un grand talent les visages multiples, abstraits et concrets. Il apporte ainsi à son œuvre un complément original qui est aussi un récit rare et de premier intérêt dans les Lettres d’aujourd’hui. »
Pierre GamarraEuropeDu grand art
« Le livre de Nadaud n’est en aucune façon une condamnation et encore moins un procès déguisé de la littérature. Lui-même en est d’ailleurs épris au point qu’il a fait d’elle la figure principale autour de laquelle gravitent ses livres.
Je tiens au contraire Une aventure sentimentale pour le plus bel hommage qu’on pouvait lui rendre : un portrait déchiré, qui en exalte la beauté, mais qui n’en est pas pour autant inattentif à ses lacunes, à ses mensonges et à ses pièges. Du grand art. »Christophe Van RossomLe Mensuel poétique et littéraire

La fonte des glaces
Alain Nadaud
Grasset, 2000
La fiction contre le mensonge
« En 1993, Alain Nadaud a publié un essai intitulé Malaise dans la littérature. L’écrivain s’y livrait à un exercice qui n’était plus du tout à la mode : l’élaboration d’un discours critique susceptible de penser la crise de notre littérature – et particulièrement celle du roman.
Crise esthétique, crise historique, crise sociale, crise spirituelle, il dressait, à sa manière qui est carrée, une carte où se lisaient toutes les impasses présentes, toutes les terres arides ou polluées, mais où se dessinaient aussi les chemins à partir desquels la fiction contemporaine pouvait trouver un nouvel élan. (…)
Faute d’avoir été entendu comme il aurait dû l’être – mais il n’est pas trop tard, et son propos de 1993 n’a pas cessé d’être valide -, Alain Nadaud a poursuivi pour son propre compte sa réflexion sur le statut contemporain de la fiction, sur les liens de l’écrivain avec l’histoire de son époque. La réussite éclatante de La Fonte des glaces doit autant à la fertilité de sa réflexion qu’à ce qu’on nommera, faute de mieux, son talent d’écriture. »Pierre LepapeCe roman chef-d’œuvre d’architecture dramatique et monument d’émotion
« S’il fallait, en cette rentrée, retenir un seul livre qui articule avec une telle liberté d’approche, une telle vision innovante, ces questions du rapport entre l’écrivain, la politique et la langue (« arme à double tranchant »), c’est assurément vers ce roman chef-d’œuvre d’architecture dramatique et monument d’émotion qu’il faudrait sans hésitation se tourner. »
Jean-Claude LebrunL’HumanitéEntre réel et fictif, historique et littéraire
« Depuis des années, Alain Nadaud compose avec le matériau historique de vertigineux romans-dossiers et travaille à la frontière entre réel et fictif, historique et littéraire… »
Alain NevezTéléramaLa découverte d’un temps historique qui se retourne sur lui-même
« De l’étrange destin de L’Enéide subtilisée par Auguste avant que Virgile ne la jette au feu, en passant par la découverte d’un temps historique qui se retourne sur lui-même (L’envers du temps), il semble bien que les romans d’Alain Nadaud obéissent à une même interrogation : la réalité historique ne se dissimule-t-elle pas sous des apparences trompeuses ? Ne sommes-nous pas les victimes ou les jouets d’un monde qui, tournant sur soi, alterne les ombres et les lumières, renverse les torts et les raisons de nos approches, et rend vaine toute certitude ?
Pour variés que soient les sujets abordés, ils se rattachent à cette mise en question des choses et des êtres – ou, d’une manière plus significative, au soupçon que l’auteur entretient à l’égard de ce qui, précisément témoigne de la véracité des faits : par l’écrit, le procès-verbal, la trace inscrite, le dépôt noir sur blanc qui consigne la seule historique saisissable. (…)
Le roman est très habilement conçu. Nadaud nous a réservé une lecture où les mots effacent les mots. On ne saurait mieux nous conduire dans les impasses et les incertitudes, en nous permettant de tout entendre, de tout lire, de tout pouvoir croire, de ne rien admettre. »André BrincourtLe FigaroTout cela n’était qu’une fable sur la littérature
« Comme souvent chez Nadaud, le roman est sa propre métaphore. Il est l’histoire d’une enquête en même temps qu’il est cette enquête.(…) Plus le livre avance, plus les certitudes se fragilisent. L’enquête régresse jusqu’à la paralysie de l’enquêteur par le doute, à la dissolution totale de la trame de l’histoire. La débâcle de la narration n’épargne qu’une seule voix, qui nous dit : « Tout cela n’était qu’une fable sur la littérature. »
Daniel RondeauL’ExpressOn le lit de bout en bout
« À aucun endroit de ce livre ne figure le moindre indice qui attesterait que ces pages sont celles d’un roman. On le lit de bout en bout comme une histoire vécue et ce n’est pas le moindre mérite d’Alain Nadaud. »
Edmonde Charles-RouxLa Corse hebdoUn des moments les plus sombres du stalinisme…
« Ce roman nous plonge dans l’URSS de la fin des années 30, au moment des grands procès et des purges. L’atmosphère de peur qui devait régner à Moscou est très bien rendue. La structure du roman (succession de pièves à conviction accumulée lors d’une enquète menée aujourd’hui) est cependant un peu déroutante, encore plus lorsque le doute apparait sur leur authenticité… On ne sait finalement plus quoi croire… Une lecture intéressante cependant pour tous ceux qui s’intéressent à cette période sombre. »
OlivierPassionnant et déstabilisant
« Xavier Thureau, fonctionnaire à l’ambassade de France dans la Russie stalinienne, a disparu en 1937. À la demande de sa grand-mère mourante, son petit-fils enquête cinquante-quatre ans après. Les archives des services secrets se vendent sous le manteau. Le petit-fils de Xavier Thureau tente de rassembler les pièces du puzzle que forment les différents témoignages. Son grand-père a-t-il été victime de son amour pour la belle Evguénia ? A-t-il été déporté comme espion, ou jouait-il le rôle d’agent double à la solde des Soviétiques ?
Les témoignages des protagonistes, des bandits aux victimes et aux tortionnaires de toutes obédiences se contredisent, comme autant de vérités qui forment l’ouvrage complexe de l’histoire. Un roman de documents, passionnant et déstabilisant. »Un des romans les plus intelligents qu’il m’ait été donné de lire depuis longtemps
« Aujourd’hui, les romanciers sont seuls. La littérature contemporaine ne relaye plus une école ou un courant. Face aux ruines des avant-gardes, nombre d’écrivains français oscillent entre la nostalgie d’une structure rassurante et d’un esprit de corps, et le désir de parler de soi sans entraves. Cette crise exemplaire d’une exceptionnelle richesse peut perturber le lecteur frileux. Chaque auteur doit être lu en fonction du désir que l’on a à pénétrer dans l’imaginaire d’un créateur et non plus de l’appartenance plus ou moins avouée de celui-ci à tel groupe ou tel mouvement. Même si pour la plupart le temps consacré à la lecture est réduit à la portion congrue, même si la marchandisation du texte inonde les kiosques de best-sellers préfabriqués, il existe encore des romanciers convaincus qu’écrire est poser un acte individuel.
Alain Nadaud fait partie de cette famille. Auteur depuis une quinzaine d’années de romans et de nouvelles à l’allure de récits d’aventures intellectuelles, il a à plusieurs reprises – soit dans le cadre de numéros spéciaux de revues, soit par le biais de fictions ou d’essais – médité sur la crise que traverse la littérature française ainsi que sur la question de l’invention romanesque et de son rapport à la réalité. En 1993, un essai intitulé Malaise dans la littérature proposait de tracer, après avoir dressé le constat de toutes les apories générées par cette crise, des perspectives à partir desquelles élaborer un nouveau travail romanesque. Nullement découragé par le peu de réactions suscitées par cette interrogation, Nadaud poursuit depuis lors sa réflexion. Dans la quête de l’origine du désir d’écrire, chacun de ses livres marque l’aboutissement d’une étape. Ce fut notamment le cas en 1997 avec le roman Auguste fulminant, très belle allégorie des rapports conflictuels qu’entretiennent hommes politiques et écrivains.
Pour la rentrée littéraire de cette année, est paru La Fonte des glaces, un des romans les plus intelligents qu’il m’ait été donné de lire depuis longtemps. » Lire la suite…RolandIX
Du jour au lendemain
France Culture, par Alain Veinstein.
Diffusion le 30 mars 2011.
À l’occasion de la sortie de La plage des demoiselles et D’écrire j’arrête, Alain Nadaud sur sa carrière.
For intérieur
France Culture, par Olivier Germain-Thomas.
Diffusion le 12 juillet 2009.
Alain Nadaud revient sur son parcours d’écrivain, de l’Archéologie du zéro au Passage du col.
À plus d’un titre
France Culture, par Tewfik Hakem.
Diffusion le 11 janvier 2011.
Alain Nadaud revient sur son livre D’écrire j’arrête et la révolution tunisienne.
Le voyage en Tunisie de Paul Klee
Émission « Carnet nomade« , France Culture, Colette Fellous. Diffusion le 10 mai 2014
Le 6 avril 1914, trois artistes arrivent en bateau au port de Tunis. Paul Klee et ses amis les peintres August Macke et Louis Moilliet. Ce voyage de 12 jours à travers le pays transformera à jamais la peinture de Paul Klee.
Intervention d’Alain Nadaud, auteur de l’album Klee en Tunisie édité à l’occasion du centenaire de sa visite en Tunisie, de 24′ à 26′ et 34′ à 42′.
Enfers et damnations : les représentations de l’au-delà depuis l’Antiquité
Émission « Tout un monde – Enfers et damnations« , France Culture, Marie-Hélène Fraïssé. 1ère diffusion : 25 avril 2005.
« Enfers et damnations » retrace la naissance et la cristallisation progressive de nos visions de l’au-delà, depuis la haute Antiquité jusqu’à l’époque moderne.
Intervention d’Alain Nadaud par téléphone de 16′ à 23′, à l’occasion de la sortie du livre Aux portes des enfers.
Enfers et damnations : les représentations de l’au-delà depuis l’Antiquité
Émission « Tout un monde – Enfers et damnations« , France Culture, Marie-Hélène Fraïssé. 1ère diffusion : 25 avril 2005.
« Enfers et damnations » retrace la naissance et la cristallisation progressive de nos visions de l’au-delà, depuis la haute Antiquité jusqu’à l’époque moderne.
Intervention d’Alain Nadaud par téléphone de 16′ à 23′, à l’occasion de la sortie du livre Aux portes des enfers.
Entretien vidéo avec Alain Nadaud
CineFarTV, Youtube, Diffusion en 2008
Farah Khadhar part à la rencontre d’Alain Nadaud et recueille ses impressions sur la révolution tunisienne.
Continuer le voyage…

Autobiographie semi-fictive

La tache
aveugle



































