Le livre des malédictions

Paris, 1967. Un détective privé est engagé pour enquêter sur les relations qu’entretient l’épigraphiste et archéologue David Tracher avec son assistante, la belle Olga. Mais où a-t-il disparu ? Jordanie et Israël, 1967. A la veille de la guerre des Six-Jours, parmi les éboulis du Sinaï – la montagne de Dieu – David Tracher vient d’aboutir à une découverte sans précédent : il pense avoir localisé les premières tables de la Loi, « Tables de pierres écrites du doigt de Dieu », brisées par Moïse furieux, quand celui-ci avait surpris son peuple adorant le Veau d’or.

Mais où sont les fragments ? En quelles lettres Yahvé avait-il pu graver les dix commandements puisque n’existait alors aucun alphabet ? Ne pourrait-on déduire de l’écriture de Dieu sa présence réelle ? David Tracher, rendu méfiant par l’ampleur de sa trouvaille, se sent isolé. Ne risque-t-il pas sa vie ? Des verrières de la galerie du Jardin des Plantes jusqu’aux rives pierreuses de la mer Morte, nous sommes dans un tourbillon où se disputent les services secrets du Mossad, les bédouins, les trafiquants de manuscrits, les archéologues jaloux.

Il y a, dans ce roman malicieux ou érudit, un meurtre, une femme fatale, un amoureux, et d’autres surprises. C’est aussi une réflexion sur le pouvoir de l’écriture. La Bible n’est-elle pas le plus fantastique des romans ?

Date

1995

Éditions

Grasset, 272 p.

Prix

Grand prix du roman de la société des gens de lettres

Type

Roman d’aventures métaphysique

Catégorie

Littérature, histoire

Babelio - Le livre des malédictions, Alain Nadaud
Éditions Grasset
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La chasse aux livres - Le livre des malédictions, Alain Nadaud
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La chasse aux livres - Le livre des malédictions, Alain Nadaud

Paris, 1968. Sous les verrières du Jardin des Plantes. En se jetant à la poursuite d’un inconnu surpris à espionner le laboratoire de David Tracher, le « privé » ne se doutait pas de la tournure qu’allait prendre son enquête… S’il avait su que le paléographe et sa trop belle assistante Olga Krupsky y avaient caché le manuscrit du Livre des malédictions, il aurait compris pourquoi l’endroit était aussi étroitement surveillé par les services secrets israéliens.
       
Israël, 1967. En fouillant au pied du mont Sinaï, David Tracher a-t-il néanmoins retrouvé les fragments des premières tables de la Loi, brisées par Moïse, et demeurées depuis ce temps parmi les éboulis ? Elles n’en avaient pourtant pas moins été « écrites du doigt de Dieu ». Mais en quelle graphie, puisque l’alphabet à cette époque n’avait pas encore été inventé ? Pourquoi, de ce moment, le Mossad, des femmes à double visage, des trafiquants de manuscrits, des bédouins s’acharnent-ils à poursuivre Tracher ?
       
Des rivages de la mer Morte aux volcans éteints de la chaîne du Hedjaz, des couloirs du Muséum d’histoire naturelle aux sanctuaires nabatéens, c’est à une course de vitesse que se livrent archéologues et espions.
       
Aventure métaphysique, polar érudit, méditation sur la puissance du livre et les origines de l’alphabet, le roman d’Alain Nadaud fourmille de surprises et de pièges, de questions insolites et de perspectives inattendues. La Bible n’est-elle pas le plus fantastique des romans ?

Cet interdit de la représentation ne cesse donc d’avoir un lien manifeste et historique avec l’apparition du signe écrit, comme s’il s’agissait des deux moments contradictoires d’une même dialectique. De même que Érostrate avait réduit en cendres à la fois la maison et la statue de la mère divinisée pour y substituer les seules lettres de son nom, de même Le Livre des malédictions glorifie le pouvoir de la lettre au détriment du culte des images qui prévalait jusque-là.

Dans le droit fil de cette haine de la représentation qui s’était donnée libre cours dans L’Iconoclaste, par la fiction il s’agit ici de redonner sa prééminence à la toute-puissance du Verbe. La sortie d’Egypte signifie l’abandon des vieilles divinités maternelles et des hiéroglyphes, justement formés à base d’images. Elle permet l’accès à l’arbitraire immatérialité de l’écriture alphabétique (« Tu ne te feras point d’images sculptées« ). A cet égard, la traversée du désert est considérée comme purificatrice.

Cette révolution se fait en liaison avec l’invention d’un dieu unique, lui-même abstrait, c’est-à-dire débarrassé de toute incarnation, et constitue le prolongement, sous une autre forme, du thème récurrent de l’iconoclasme, en liaison avec le culte de la Lettre, tel qu’il avait été abordé dans une nouvelle intitulée « Le Doigt de Dieu » (revue « NYX »). Le signe écrit devenait d’ailleurs si omnipotent qu’il prenait appui sur l’hypothèse que le dieu de la Bible n’était, comme personnage, qu’une création du Livre. Et, sous l’égide de Borges, s’il arrivait que, par malheur, on perde l’usage des signes écrits, le monde, qui avait été créé par leur intermédiaire, disparaîtrait finalement avec eux.

Alain Nadaud

  • Une belle puissance romanesque

    « Prendre comme personnage de roman des concepts, c’est possible ? Oui, Alain Nadaud le prouve avec talent depuis son premier roman Archéologie du zéro, et aujourd’hui encore avec Le Livre des malédictions. Mais, attention nulle outrance théorique chez lui. La réflexion est subtilement intégrée à la fiction, les concepts incarnés par des personnages confrontés à des énigmes vertigineuses qui les poussent aux confins de la folie, et le tout révèle une belle puissance romanesque. »
    Christophe Kantcheff
    La Vie
  • L’érudition vertigineuse se mêle à des histoires

    « L’originalité d’Alain Nadaud est d’avoir creusé son sujet en profondeur, sans se contenter de ce qu’il offrait déjà de pittoresque et d’aventureux. (…) Ici, l’érudition vertigineuse se mêle à des histoires de mari inquiétant, de « privé » intelligemment naïf, de belle blonde habile à l’amour et au revolver. Quant au Livre des malédictions découvert et traduit par Tracher, il voue aux gémonies, en clair, le mauvais écrivain : c’est le sommet de l’humour et le faîte de l’édifice. »
    Nicole Casanova
    La Quinzaine littéraire
  • Savants et ludiques à la fois

    « Depuis une dizaine d’années, Alain Nadaud poursuit une entreprise romanesque très singulière. Traversés de plusieurs thèmes qui s’entrecroisent, ses livres forment une constellation personnelle dont chaque étoile porte la marque d’un créateur aussi attaché à l’imagination qu’à la vraisemblance. Il ouvre des pistes dans ce que nous croyons connaître afin d’asseoir la crédibilité de ce qu’il veut nous présenter, et pour mieux peut-être nous leurrer. Savants et ludiques à la fois, les romans d’Alain Nadaud ressemblent parfois à des essais, ce qu’ils ne sont jamais puisqu’ils ne se privent pas de nous raconter une histoire et de nous faire croiser des personnages nés dans l’esprit de leur auteur. »
    Pierre Maury
    Le Soir de Bruxelles
  • La connaissance est romanesque et peut être passionnante comme une fiction

    « Qu’est-ce que l’érudition ajoute à la littérature ? Un domaine d’investigation sans limites, une apparence de rigueur qui ne demande qu’à être subvertie, la certitude enfin que la connaissance elle-même est romanesque et peut être passionnante comme une fiction. Car le savoir, surtout celui des sciences humaines, est un champ de ruines d’hypothèses aussitôt abandonnées qu’échafaudées, fascinant pour ce qui s’y est déposé de rêves plus ou moins délirants. (…) Il faut savoir gré à Alain Nadaud d’avoir contourné, et avec quel brio ! les deux principales sources d’inspiration du roman français, l’autobiographie et l’histoire d’amour, et d’avoir défriché une voie nouvelle, à l’écart des sentiers battus. »
    Pascal Bruckner
    Le Nouvel Observateur
  • Le désir de fiction ne dispense pas nécessairement de penser

    « Au commencement était l’Ecriture. Voilà pourquoi le nouveau roman d’Alain Nadaud est, littéralement et dans tous les sens, l’œuvre d’un brillant iconoclaste. C’est qu’il faut de l’audace pour présenter, aujourd’hui, à un lecteur non pas un ni deux, mais plusieurs niveaux de lecture sans que jamais l’attention se relâche. C’est qu’il faut aussi une certaine inconscience pour affirmer avec autant de connaissance savante et moqueuse que le désir de fiction ne dispense pas nécessairement de penser. »
    Joseph-Macé-Scaron
    Le Figaro
  • Un vertige métaphysique, dont l’ambition ne déçoit jamais

    « Les lecteurs familiers de l’univers d’Alain Nadaud attendent chaque nouveau roman comme un rendez-vous rare. L’occasion précieuse d’un vertige métaphysique, dont l’ambition ne déçoit jamais. Les amateurs de jeux de l’esprit apprécieront ce Livre des malédictions, par l’intelligence de son propos, dépouillé des séductions du romanesque. Les néophytes, s’ils ne s’effraient pas de l’exigence de l’auteur, sauront sans doute reconnaître le spectre de Jorge-Luis Borges et sa figure de bibliothécaire aveugle, déjà à l’œuvre dans Le Nom de la rose d’Umberto Eco, dans cette intrigue à la Leo Perutz. Balises rassurantes dans la spirale érudite où s’abîme la raison ordinaire. »

    Philippe-Jean Catinchi
    Le Monde
  • Bien du mal à lâcher ce livre avant la fin

    « Dans ce livre, l’aventure physique relance constamment l’aventure érudite. L’exégèse y voisine avec les filatures et les cambriolages. Le renseignement avec la paléographie. On se retrouve dans un univers à la Spielberg aux accents mallarméens. Car ce roman sur les Ecritures est aussi un roman sur l’écriture, une parabole sur la création littéraire qu’il revient au lecteur d’interpréter à sa manière. En tout cas, il aura bien du mal à lâcher ce livre avant la fin, et c’est là la seule malédiction qu’on puisse lui souhaiter. »
    Jean-Didier Wagneur
    Libération
  • Malicieux et érudit

    « Un roman malicieux et érudit qui emprunte à l’aventure métaphysique, au polar et la bande dessinée, un meurtre, une femme fatale et un privé amoureux, sur fond de Muséum d’histoire naturelle. »
    ©Electre 2025

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