Malaise dans la littérature

Cet essai se propose d’interroger le statut de la littérature et la place qu’elle occupe dans la société d’aujourd’hui. A quoi sert-elle et de quoi est-elle le révélateur ?

Si la littérature, parce qu’elle est objet d’un « commerce », est bien une marchandise, est-elle pour autant une marchandise comme les autres ? N’a-t-elle d’autre choix que d’être à son tour précipitée dans cette circulation autonome et devenue folle d’objets interchangeables, laquelle n’a comme logique que la rentabilité maximum ? Ou, et parce qu’elle est le produit d’une expérience singulière, qui trouve dans l’écriture son mode d’accomplissement privilégié, n’est-elle pas dotée malgré elle d’une capacité de résistance jusqu’ici insoupçonnée ?

A la fois irréductible et fragile, pour une large part devenue soit un objet de divertissement, soit le pur reflet de l’ordre social existant, dispose-t-elle encore d’assez de ressources pour continuer à prendre en charge l’inavouable, ce qu’il y a de plus obscur dans l’humain ? En passe d’être marginalisée, sinon peut-être éliminée, qui donc a intérêt à ce que cette part du négatif, qu’elle incarne depuis toujours, ne puisse plus être identifiée et que le corps social tout entier prenne ainsi le risque de se rendre pour lui-même illisible ?

Date

1993

Éditions

Champ Vallon, 112 p.

Type

Essai

Catégorie

Littérature

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Hanté par la conscience que toute postérité est caduque et que, pour dérisoire qu’elle soit, celle-ci ne rendra de toute façon jamais justice aux écrivains que leur époque a négligés, cet essai regroupe des éléments de réflexion tirés de mon expérience éditoriale et de l’aventure menée avec Quai Voltaire, revue littéraire.

Dans le contexte d’une perte d’influence des écrivains – qui correspond à la crise de l’édition qui a suivi la première guerre du Golfe – et dans une situation où il était devenu de plus en plus difficile de s’en tenir à une défense de ce qu’on pouvait croire être « la littérature », ce pamphlet s’impose comme une sorte de baroud d’honneur.
 
Dans cet essai, il est ainsi affirmé que la littérature n’est pas une marchandise culturelle comme les autres mais que, cela étant, on pouvait aussi parfaitement admettre qu’une société décide de se passer des prémonitions des écrivains, de leurs critiques et de la façon qu’ils ont de prendre en charge le non-dit pour s’adonner sans frein à la consommation d’objets préfabriqués et au divertissement.

Alain Nadaud

  • Nul n’était mieux placé que lui pour désigner les coupable

    « Alain Nadaud démonte, dans son essai, les mécanismes d’un système éditorial et marchand qui conduit à réduire, peut-être inexorablement, la place des vrais livres : ceux dont on sent à coup sûr, à l’accent et au ton, qu’ils sont nés de l’urgence, qu’ils obéissent à une nécessité, expriment une obsession fondamentale, bref qu’ils ne se contentent pas de raconter joliment une histoire. Nul n’était mieux placé que lui pour désigner les coupables. »
    Isabelle Martin
    La Tribune de Genève
  • Cet essai arrive à pic

    « A l’heure des prix prétendument littéraires, cet essai d’Alain Nadaud, auteur de plusieurs romans, arrive à pic. Il dénonce, avec brio et pertinence, la dérive de l’édition, qui n’a, le plus souvent, « de complaisance que pour les marchandises susceptibles de circuler à grande vitesse. » Si bien que tout s’affadit, se banalise, et que les livres se savonnettisent pour glisser vers le seul rendement. »
    André Rollin
    Le Canard enchaîné
Malaise dans la littérature, Alain Nadaud

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