Le passage du col

À son entrée au Tibet, un écrivain rencontre deux lamas qui lui offrent l’hospitalité. Lors d’une marche éprouvante à travers la montagne, l’un d’eux lui révèle que les rêves qui l’assaillent sont le lointain souvenir de ses vies antérieures. Durant son séjour au monastère, le narrateur s’initie à l’art d’en remonter le cours. Or, quelle n’est pas sa surprise d’y croiser certains personnages qu’il avait mis en scène clans ses romans !
 
Fuyant la sévère campagne de rééducation menée par les autorités chinoises, il tente de repasser la frontière. Mais est-il encore capable de démêler si ce qui lui arrive appartient à la réalité, au domaine du rêve ou à l’ultime de ses vies antérieures ?
 
Depuis Archéologie du zéro, Alain Nadaud excelle à écrire des romans en trompe-l’œil, dont les vertiges sont autant plus ici à la mise en abyme du récit qu’aux mystères du bouddhisme et à l’altitude des sommets himalayens.

Date

2009

Éditions

Albin Michel, 318 p.

Type

Roman d’aventures métaphysique

Catégorie

Littérature, théologie

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Les étonnants voyageurs - débats audio

  • Un très beau texte sur l’inspiration et le destin d’écrivain

    « Un très beau texte sur l’inspiration et le destin d’écrivain : Entre ciel et terre, le roman d’Alain Nadaud l’est à la façon des peintres de la Renaissance. Entre le paradis et l’enfer, entre la beauté révélée de la nature et le travail des hommes. D’un côté, les vertiges de la montagne tibétaine ; de l’autre, la mécanique des rêves, la méditation et les vertiges intérieurs. La narration s’apaise et se tend dans un même mouvement en apparence minuscule mais dont on se rend compte à la fin qu’il est une chute.

    Ce mouvement, Alain Nadaud le peint à petites touches, comme des miniatures, comme une série de détails jetés ça et là. Il en résulte une impression très forte qu’il faudrait qualifier de « natures mortes vivantes » pour rendre compte de la confusion entre les réincarnations du narrateur et les mises en abyme du texte. Les vies antérieures deviennent les perles d’un chapelet qu’on égraine, et le roman, une allégorie de lui-même, à la manière des peintres de la Renaissance. C’est sans doute ce qu’on appelle le mal des montagnes – mais la montagne, ici, c’est le roman. »
  • Un livre d’aventures qui met l’oeuvre en perspective et propose une réflexion

    « Sur les hauteurs himalayennes à l’oxygène raréfié, dans cet absolu dénuement qui interdit le divertissement, le romancier semble jouir d’une vue en profondeur sur ce qui, depuis un quart de siècle, l’a requis. Il en résulte ce récit d’apparence double, en fait d’une cohérence extrême : il arpente en même temps ces territoires escarpés et les « paysages étranges » qu’il a lui-même créés. Le mouvement est identique. Il arrive même que les deux plans se confondent.

    Alain Nadaud réussit en l’espèce le pari d’un livre d’aventures qui met également l’oeuvre en perspective et propose une réflexion sur la singularité du travail d’écriture littéraire. Le plus probant des démentis à ceux qui voudraient l’enfermer dans les limites du récit intellectuel et spéculatif. »
    Jean-Claude Lebrun
    L’Humanité
  • Il s’amuse et nous amuse

    « 25 ans après l’Archéologie du zéro, Alain Nadaud est de retour avec un roman qui tranche nettement d’avec sa production habituelle, tout en la contenant : il s’amuse et nous amuse avec la figure récurrente chez lui qu’est le paradoxe.

    Avec Le passage du col, vrai-faux révit de voyage, il franchit un cap. C’est bien Alain Nadaud qui parle, un écrivain français promis au succès de roman en roman par ses pairs (il n’est que de consulter son site pour voir le flot d’éloges sous lequel il est régulièrement légitimé : Borgès par-ci, Borgès par-là…). Toujours richement documenté, Le Passage du col est roman d’aventure (et de mésaventures) pimenté d’un exercice d’autodérision salutaire et réjouissant. Son ancrage dans l’actualité dépoussière Nadaud de l’idée d’austérité que lui a valu son amour du monde antique. »
    Marianne Faurobert
  • Le roman autobiographique et poétique devient un roman d’initiation

    « Dans notre imaginaire le Tibet oscille entre l’actualité politique, des paysages époustouflants et une religiosité intense. Si Alain Nadaud n’avait fait que réunir ces trois instances, il aurait déjà bien réussi son roman. Mieux encore, il ajoute à ce roman d’aventures entraînant une analyse de la collusion entre la psyché et l’écriture tout à fait pertinente.

    Cela commence comme un simple récit de voyage, en toute modestie donc. Un écrivain, peut-être en mal d’inspiration, franchit les gorges de l’Himalaya à bord de véhicules brinquebalant sur des pistes en devers et en surplomb. Jusqu’à ce que, bloqué par un éboulement titanesque, il doive accepter l’hospitalité de deux lamas dont la sagesse lui sera bénéfique.

    En contrepartie, il devra rendre compte de son expérience et ainsi rendre justice à ce Tibet opprimé. La marche, aussi belle qu’épuisante, purificatrice, passe par le col, lieu de transition symbolique. Grâce à la méditation en un pauvre monastère il parvient à une révélation : les rêves sont des traces dispersées depuis nos vies antérieures… Bientôt, il ne connaît plus guère la frontière entre réalité et fiction, entre vie vécue et vie écrite. C’est ainsi que le roman autobiographique et poétique devient un roman d’initiation. »
    Thierry Guinhut
    Le Matricule des anges
  • Magnifiquement écrit

    « Dans ce roman, l’auteur intercale les chapitres dans lesquels il relate son voyage, son initiation aux rites bouddhistes et sa vie au monastère avec ceux qui relatent ses rêves.

    Magnifiquement écrit, dans un Français on ne peut plus classique, dense et jamais ennuyeux, voici un roman qui sort de l’ordinaire. On se familiarise avec la culture tibétaine et notamment la vie des lamas. C’est aussi une manière moins didactique qu’un essai d’aborder les relations désastreuses sino-tibétaines et l’occupation de ce pays par les Chinois. On prend vraiment la mesure de la tentative de destruction totale de la civilisation des Tibétains et de leurs coutumes.
    Evidemment, le bouddhisme est abordé très largement. Jamais mystique -sinon, je n’en dirais pas de bien !-, toujours éducatif. »
  • Le titre du roman est une belle métaphore

    « Un écrivain est en route entre Katmandou et Lhassa. À la frontière entre le Népal et la Chine, il est dans l’impossibilité de continuer son voyage. Il rencontre 2 lamas qui vont l’emmener dans leur monastère à condition que celui-ci s’astreigne à une méditation et à la connaissance du bouddhisme.

    Ce livre écrit dans une langue parfaitement maîtrisée nous transporte dans les hauts confins du Tibet ou tout fait corps : le bouddhisme- la montagne – la main mise de la Chine sur le Tibet. Le passage du Col – le titre du roman est une belle métaphore. »
    ChtiBaboun
  • La découverte de nouveaux espaces

    « Alain Nadaud depuis sa jeunesse considère l’écriture comme une nécessité, une manière de combler un manque, chaque livre en appelant un suivant. Dans Les années mortes, son roman autobiographique Alain Nadaud s’arrête sur la naissance d’une vocation ; lors de son enfance en internat, ce désir d’écrire naît de l’insatisfaction des livres qui lui sont donnés à lire, ainsi que des lignes de copie reçues en punition, desquelles jaillissent inconsciemment ses premiers contacts avec l’écriture. Plus tard, c’est grâce à des études de lettres qu’il aborde de nouveau l’écriture, puis pendant de nombreuses années par le biais de l’enseignement. Cette vocation s’accompagne dès les prémices de sa carrière du désir de voyage. Après avoir enseigné à Nouakchott en Mauritanie, puis à Bassora en Irak, il devient conseiller pédagogique pour l’enseignement du français au Kwara State (Nigéria).

    Cette première époque à l’étranger se clôture et il devient professeur de philosophie en France jusqu’en 1985 puis rentre comme conseiller littéraire chez Denoël. En parallèle, il publie son premier roman, Archéologie du zéro. Sur fond de fouilles archéologiques, avec la découverte à Alexandrie d’une crypte inexplorée contenant les manuscrits d’une secte des adorateurs du zéro, ce roman va être l’occasion du déploiement d’une véritable philosophie sur la conception du néant. A plusieurs reprise au long de son parcours littéraire, l’écriture d’Alain Nadaud est qualifiée de « roman trompe l’œil », ou de « roman d’une idée » et sera rapprochée d’une poétique comparable à celle de l’écrivain Jorge Luis Borges dont l’œuvre renferme elle aussi en arrière plan les formes d’une réflexion d’ordre philosophique.

    À partir de cette époque, l’activité professionnelle d’Alain Nadaud sera partagée entre le travail dans plusieurs maisons d’éditions – Ramsay, puis Balland et Belfond – et de nombreuses collaborations dans des revues littéraires et culturelles culminant avec la création et la direction de la revue Quai Voltaire, revue littéraire. A partir de 1994 il s’éloigne du monde de l’édition et devient directeur du Bureau du livre dans le Service culturel de l’ambassade de France en Tunisie, puis attaché culturel au consulat général de France à Québec. Depuis 2002, Alain Nadaud est retourné vivre en Tunisie où il partage son temps entre ses activités littéraire et un atelier de verre soufflé tenu par sa compagne, cet atelier est aujourd’hui devenu un centre culturel.

    La frénésie de cette activité professionnelle ne brime pas pour autant l’approfondissement de son travail d’écrivain puisqu’il publie d’autres romans comme La Mémoire d’Erostrate (1992), Auguste Fulminant (1998), La Fonte des glaces (2000) ou Le Vacillement du monde (2006), les essais Malaise dans la littérature (1993) et Aux portes des enfers (2004), et le récit Les années mortes (2004). Alain Nadaud souligne dans son site web l’étroite cohérence, la continuité qui unit chacune de ses œuvres dans une réflexion d’ensemble plus large, un questionnement d’ordre littéraire et métaphysique qu’il qualifie d’idée d’architexture : « Sous ce titre, je me propose de mettre au jour l’architecture secrète qui relierait tous les textes que j’ai publiés. Si l’on y prête attention, celle-ci formerait comme une trame, un texte second, une « texture » invisible, et donc presque un autre récit qui retracerait en sous-main, de livre en livre, et sans même que je m’en sois rendu compte sur le moment, une sorte d’itinéraire. Avec le recul, ce n’est qu’à présent que j’aurais la possibilité de rendre ce trajet à la fois apparent et lisible. »

    Cette identité, cet « itinéraire » littéraire s’est, ces dernières années, enrichi de nouvelles parutions avec en 2007 Si Dieu existe, une biographie déguisée de la figure de Saint Antelme d’Aoste (1033-1109), archevêque de Cantorbéry et théologien connu pour avoir voulu démontrer l’existence de Dieu d’après la seul existence du concept, de la pensée de Dieu. Son dernier ouvrage, Le passage du col, se présente sous la forme d’un récit de voyage où l’auteur se met lui même en scène à la frontière entre la Chine et le Népal, immergé dans le quotidien d’un monastère tibétain sous occupation chinoise. Ce décor puisé dans l’actualité rompt avec le caractère généralement historique et le plus souvent antique des romans d’Alain Nadaud, permettant ainsi à cet auteur voyageur la découverte de nouveaux espaces.
Le passage du col, Alain Nadaud

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