Archéologie du zéro

« Le zéro touche à l’être, car c’en est justement l’absence. » Théocritias d’Apamée

« Comment le négatif peut-il produire un signe, le néant se signifier ? » Roland Barthes

La découverte par l’auteur d’une grande nécropole souterraine située à l’ouest d’Alexandrie a permis l’exhumation de documents qui attestent qu’une secte, dite des Adorateurs du zéro, aurait vécu en ces lieux et tenu là, avant de disparaître, à consigner son histoire ainsi que l’essentiel de sa doctrine depuis ses origines.

Vouant une sorte de culte sans objet à ce chiffre qui n’est que la pure figure du néant, et en qui sont déjà contenues toutes les dissolutions passées ou à venir, cette secte, par ses pratiques excessives, sera peu à peu réduite à la clandestinité et, au centre du vaste hypogée où elle avait trouvé refuge, finalement exterminée par les milices chrétiennes en 645 apr. J.-C.

​Alain Nadaud signe ici une œuvre vertigineuse dont l’érudition, réelle ou supposée, constitue le ressort même de ce roman d’aventures métaphysique.

Date

1984

Éditions

  • Denoël, col. L’Infini, 254 p.
  • Folio, Gallimard n° 2085, 256 p.

Type

Roman d’aventures métaphysique

Catégorie

Littérature, histoire

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1984 Archeologie du zéro Alain Nadaud Évolution des chiffres

Des chiffres indiens aux chiffres carolingiens,
en passant par les chiffres arabes.

« Ce parcours historique, mathématique et philosophique sur le formidable effort intellectuel qu’il a fallu à l’humanité pour inventer un nombre qui est l’absence même de nombre, “un chiffre qui n’est que la pure figure du néant”, s’agence comme un double, sous l’angle mathématique, de La Tache aveugle. Il en tire toutes les conséquences.

​Le zéro, parce qu’il est un signe qui représente « rien », est à la fois la métaphore chiffrée de ce point d’aveuglement dont il vient d’être question, une méditation sur le pouvoir de contestation que recèle la puissance du vide, sur la capacité de celle-ci à corroder de l’intérieur les systèmes idéologiques totalitaires et, en même temps, une tentative pour penser la mort, dont il est par extension l’emblème. »

Alain Nadaud

  • Vous connaissez beaucoup de premiers romans aussi bien écrits ?

    « Le plus étonnant, dans le roman d’Alain Nadaud, c’est l’art du suspense. On le lit comme un livre policier, chaud, sensuel, coloré. S’agissant des premiers siècles de notre ère et d’une question métaphysique fondamentale, le néant, le vide, c’est un comble ! Comment ne pas rêver devant cette histoire de grottes, de calculs, de complots ? Comment ne pas être curieux de ce qu’éprouvait Pythagore ? Jamais l’érudition de l’auteur (pourtant considérable) n’empêche l’action de progresser, d’entraîner.

    Et puis, dites-moi : vous connaissez beaucoup de premiers romans aussi bien écrits ? Du grand style en prime ! Etrange événement, l’apparition d’un écrivain. Voilà ! »
    Philippe Sollers
    Adresse aux libraires
  • Un surprenant premier roman très prometteur

    « Un surprenant premier roman très prometteur que celui d’Alain Nadaud. Le narrateur et un comparse découvrent une nécropole dans les entrailles fécondes de la ville d’Alexandrie. Il nous livre ses découvertes, série de documents qui nous conduisent à la frontière de l’érudition et de l’imagination.

    Un écrivain que Borges ne renierait sans doute pas comme disciple. »
    Michèle Gazier
    Télérama
    (Annonce de l’émission Apostrophes de B. Pivot du 30/03/1984)
  • Un livre fascinant

    « Etrange roman que l’Archéologie du zéro ! La matière peut sembler aride, et pourtant c’est un livre fascinant. La fusion sans scories de faits historiques attestés et d’une sournoise et constante mystification exerce une extrême séduction. C’est en vain que nous nous épuiserions à démêler le vrai du faux. »
    Emmanuel Saunderson
    La Croix
  • Sous le philosophe et l’écrivain se cache un pince-sans-rire peu ordinaire

    « Le plus étonnant, dans ce livre si poétique et si fuyant, si secret et si rêveur, est sa perpétuelle oscillation entre ses éléments concrets et ses fantaisies. Sous le philosophe et l’écrivain se cache un pince-sans-rire peu ordinaire. Borges est passé par là. »
    Alain Bosquet
    Le Monde
  • Un récit qui a la séduction de l’intelligence

    « Le livre, qui se présente comme un roman historique très cultivé, du genre de ceux de Marguerite Yourcenar, va dès lors dépasser le simple exercice d’évocation pour verser formellement dans l’aléatoire et l’incertain.
    Où sont la réalité, la fiction, la falsification dans ce récit en forme de méditation sur le néant, la dissolution, qui oblige le lecteur à lire entre les lignes, à tout interpréter ? On ne sait. Au lecteur de faire son propre travail d’archéologue ou de se laisser aller à la pure fantaisie, au charme d’un récit qui a la séduction de l’intelligence. »
    Michel Nuridsany
    Le Figaro
  • Un premier roman, mathématiquement parfait

    « Dans la production romanesque contemporaine, ce livre fait figure d’étrangeté tant par son sujet (borgesien s’il en est) que par sa composition. Un premier roman, mathématiquement parfait, où l’aventure du chiffre et l’infini de son déchiffrement tiennent efficacement le lecteur à bout de souffle. »
    Patrick Redelberg
    Art Press
  • C’est même une révélation

    « Curieux et étonnant, ce premier livre d’Alain Nadaud dont le point de départ s’apparente à un conte de Borges (…). On s’enfonce avec délice dans le labyrinthe d’un roman qui fascine par ses multiples richesses. Ce zéro vaut nettement plus que la moyenne. C’est même une révélation. »
    Christian Giudicelli
    Lire
  • Un des livres les plus intelligents et les plus intéressants de l’année

    « Assurément, Alain Nadaud a signé avec ce premier roman à l’érudition magique et à l’écriture élégante, un des livres les plus intelligents et les plus intéressants de l’année. Avec brio, l’auteur relève le défi du grand Borges : l’exploitation esthétique de la métaphysique. »
    Bruno de Cessole
    Magazine Hebdo

Apostrophes
74 min – 30 mars 1984

Alain Nadaud, Isabelle Allende, Philippe Dijan, Hortense Dufour, Bernard Thomas et Didier Van Cauwelaert sont réunis sur le plateau de Bernard Pivot, parmi les six écrivains invités.

Soit une discussion entre futures grandes stars de la littérature !

Apostrophes - INA

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