Un écrivain hanté par les failles de l’Histoire, le vertige des religions et les énigmes du passé.
La littérature fut son souffle, sa raison d’être — puis il décida de se taire.
Son œuvre, elle, existe pour toujours.

Alain Nadaud, accueil

Le désir d’écriture naquit ainsi en moi, non pas d’une admiration excessive pour les livres — sentiment qui, sans doute au contraire, aurait impliqué une paralysie presque immédiate —, ni de la volonté d’en imiter à tout prix la perfection, mais de leur mise en question.

Par chance, l’un d’eux, par sa nullité, avait trahi ses semblables, révélé ses mécanismes et suscité mon audace : je me précipitai dans la brèche. Et, c’est pour n’avoir pas rencontré en temps voulu le livre auquel j’aspirais de tout mon être, et pour tromper autant mon attente que la déception qui en résultait, que je résolus d’y remédier par le seul jeu de mes propres forces.

Ainsi, la conscience de naître à la vie d’écrivain ne me vint pas d’un livre qui aurait constitué une révélation et aurait, par contrecoup, décidé de ma vocation, mais de son absence même, irrémédiable et acceptée comme telle, de la certitude que ce manque ne pourrait jamais être comblé par un autre que moi.

« En vain, je tente de me rappeler le moment où j’ai pris la décision de devenir écrivain. Car je sais qu’un jour j’ai pris cette décision, même si, avec le recul, un tel aveu pourrait paraître dérisoire ou présomptueux.

Pourquoi est-ce que j’essaie avec obstination de me rappeler ce moment-là ? Parce que, si les circonstances me restent floues, en revanche je n’ai pas oublié combien, lorsque j’ai pris cette décision, mon cœur s’est mis à battre. Et avec quelle force !

« Est-ce qu’on reste écrivain après qu’on a arrêté d’écrire ?

Autrement dit, y a-t-il une vie après la mort ?

Comment rendre compte de ce qu’on est, une fois qu’on a décidé de n’être plus ?

Est-ce que de soi-même on s’efface de la surface des choses après qu’on a pris le parti de ne plus laisser de traces ? »​

Comment je ne suis jamais devenu écrivain
Alain Nadaud

Journal du non-écrire
Alain Nadaud

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