Biographie d’Alain Nadaud

Alain Nadaud est né à Paris en 1948. Il commence des études de lettres à Nanterre en 1967, qu’il poursuit jusqu’à l’obtention de la maîtrise. Après avoir exercé différents métiers, il part enseigner la littérature à l’étranger pour des séjours de deux ans (à Nouakchott en Mauritanie, puis à Bassora en Irak). Il passe ensuite son doctorat et, pour à nouveau deux ans, est nommé conseiller pédagogique pour l’enseignement du français au Kwara State (Nigéria). De retour à Paris, il enseigne la philosophie jusqu’en 1985.
Après la publication de l’Archéologie du zéro, il entre comme conseiller littéraire aux éditions Denoël, où il a en charge le service des manuscrits. Après un passage chez Ramsay, il entre chez Balland, puis chez Belfond. Il collabore dans le même temps à de nombreuses revues, avant de fonder et de diriger Quai Voltaire, revue littéraire.


La crise et les regroupements qui surviennent dans l’édition à ce moment l’incitent à prendre du champ. Nommé directeur du Bureau du livre au Service Culturel de l’Ambassade de France en Tunisie en 1994, il part ensuite comme attaché culturel au Consulat général de France à Québec. En 2002, il retourne en Tunisie, où il partage son temps entre l’écriture, la communication de l’atelier de verre soufflé Sadika, et ses pérégrinations parisiennes depuis son appartement rue Gay-Lussac.
Désillusionné par le « monde » de la littérature, Alain Nadaud se concentre sur ses deux autres passions: la navigation et l’histoire. Il meurt le 12 juin 2015 sur son bateau au milieu des Cyclades, en Grèce. Ses derniers mots sont : « On continue… ».


Alain Nadaud est né en 1948, à Paris.
Dans la pension d’un autre âge où il a été relégué très tôt, il a lu quantité de livres insipides : rebuts d’éditeur, tomes dépareillés, collections bon marché, nanars [Les années mortes]… Pour se rattraper autant que pour tromper son ennui, dans la solitude de l’immense dortoir il a passé chaque nuit à s’inventer des histoires. Au lieu de l’aider à s’endormir, celles-ci finissaient par lui échauffer tellement l’esprit qu’il se retrouvait, la cloche sonnant, yeux grand ouverts dans l’aube blanche. Il aura bien ensuite tenté de les transcrire au propre, dans de grands cahiers à spirale achetés à la procure : tous lui ont été à chaque fois confisqués par les pions.
De là lui vient peut-être aussi sa méfiance à l’égard des bibliothèques : intimidé par leurs murs écrasants de livres, il ne les a fréquentées que contraint, plein de circonspection. Avec son argent de poche, il aura préféré s’en constituer une selon son goût. Au départ, elle était pour l’essentiel composée de Bob Morane achetés un à un, en collection Marabout junior ; avec un soin maniaque, il veillait à ce que les dos en soient bien alignés sur la petite étagère en bois au-dessus de son lit.
Au sortir des rigueurs de la pension, il a voulu imiter les héros des romans de Balzac en menant la vie bohême, oisive et insouciante des étudiants. Entré à la faculté de Nanterre, il a suivi des cours de linguistique, de boxe française et d’initiation au latin. Avec une impayable naïveté, il s’était imaginé que, pendant ses études de lettres, on lui montrerait comment procéder pour devenir écrivain [La plage des demoiselles]. La grève à l’université et les événements de Mai 68 ont vite eu raison de ces faux apprentissages. Comme ses “camarades“, il a défilé sous le déploiement des drapeaux rouges et des banderoles, crié des slogans incompréhensibles, jeté des pavés dans la mare en même temps que contre les CRS. Succombant à l’hystérie révolutionnaire, il a adoré et redouté à la fois le pin-pon des sirènes de police, les reflux soudains de la foule, les clameurs indignées des manifestants, le chant cristallin des vitrines brisées, l’âpre et prégnante puanteur des gaz lacrymogènes.
Le grand soir tardant à venir, il s’est essayé à la flûte traversière ; mais, outre qu’il n’était pas très doué, qu’il n’avait guère d’oreille ni de rythme, il a considéré que la musique était un exercice trop répétitif à son goût ; aussi a-t-il préféré jeter son dévolu sur un autre instrument : une machine à écrire portative, de marque Japy script. Elle ne l’a plus quitté depuis.
Très tôt, il a eu foi en certains épisodes de la mythologie, comme celui qui raconte que Prométhée avait volé le feu aux dieux pour le donner aux hommes – ce dont, à la suite d’Arthur Rimbaud, continuent de se réclamer les abscons poètes d’aujourd’hui. Il a exercé les métiers de menuisier, archiviste, saute-ruisseau, manutentionnaire, vendeur, contrôleur du travail… Après avoir fait l’acquisition d’un sac à dos de marque Lafuma, il a voyagé au plus loin que le lui permettaient ses économies, autant pour voir à quoi ressemblaient le monde et ceux qui l’habitent que pour s’éblouir, se faire un peu souffrir dans les épreuves.
Il aurait bien voulu atteindre aux limites de la Terre, histoire de vérifier si cette dernière était bien plate, au contraire de ce qu’avait postulé jadis Philolaos de Crotone [Voyage aux pays des bords du gouffre]. Au marché de Tidjikja, au cœur du désert mauritanien, il a fait semblant de ne pas remarquer le regard résigné des hommes aux chevilles cerclées d’anneaux en fer reliés entre eux par des chaînes. Selle rompue, il est tombé à plat sur le dos, sans plus pouvoir se relever, du haut d’un grand chameau blanc lancé au galop à travers le désert nigérien. Parvenu à la confluence du Tigre et de l’Euphrate, il s’est balancé sur une chaise en plastique en sirotant un tiède Fanta orange à l’emplacement à la fois exact et supposé du Paradis terrestre. A l’heure de midi, de sable il a rempli ses chaussures en voulant escalader l’énorme amas de brique crue, qu’on prétend être les décombres de la tour de Babel ; de son sommet, il a prêté l’oreille aux incompréhensibles murmures du vent. Après la pluie, arpentant le site de Tello Baraï, il a ramassé des tablettes d’argile et des cônes de fondation couverts de cunéiformes, fragments d’une écriture surgie des confins de l’histoire ; il en a conclu avoir mis la main sur les vestiges de la légendaire bibliothèque de Sakkya-Iptah [Désert physique] quand finalement cette écriture ne remontait que de lui-même.
Dans les faubourgs de Bagdad, il a été convié à un ziqr où, pour la plus grande gloire de Dieu, des hommes en transe se passent des épées à travers le corps, puis vous obligent à mettre les doigts dans leur plaie ; pendant que d’autres, à l’aide d’une brique, se plantent des couteaux dans la tête ou mâchent en souriant des braises qui leur consument la langue. Dans des medressas, il s’est abandonné à la lancinance extatique des chants soufis, où des derviches tournent sur eux-mêmes au son d’immenses tambours de peau. Jupes en corolle sur leurs jambières de toile, ils scandent de façon interminable le nom d’Allah ; et c’est ainsi que, peu à peu, ils se hissent jusqu’au Ciel.
Aux limites de l’Irak et du Kurdistan, il a hésité au seuil de la caverne où, dès l’entrée, un serpent est sculpté dans la roche ; on y voue un culte paradoxal à Iblis, ou encore Lucifer, qui veut dire « Porte Lumière ». La secte des Yézidis y adore Satan, qui est pour eux comme le premier martyr : n’a-t-il pas en effet préféré sa propre damnation plutôt que de se mettre au service de l’homme et renoncer à son amour exclusif pour Dieu [« Lettre du Kurdistan » in La tache aveugle].
Il a arpenté les sanctuaires étouffants d’Egypte, les tombes d’Ur, de Sumer et d’Akkad, les temples aux figurines colorées, rose bonbon, vert pistache et bleu lavande de l’Inde du sud : dans la nuit sombre et grasse, à la lueur de myriades de petites lampes à huile, on y adore des crocodiles somnolents ou encore, en hommage au dieu Ganesh, des éléphants parés d’immenses colliers de fleurs. A Calicut, il a assisté aux décapitations d’animaux que pratiquent à brefs coups de sabre les adorateurs de la déesse Kali. Il a suivi un temps le pèlerinage erratique de saddhous aux cheveux enduits de bouse de vache, qui n’ont pour tout vêtement qu’une mince couche de cendre ou, à même la peau, quelques signes peints, énigmatiques ; de leurs minces flûtes en bois de caroubier ces derniers tirent des sons obsédants et criards.
En Inde du sud, il a vu des hommes manger vivants les termites qui, après les pluies de la mousson, sortent de terre en masse, aveuglés par la lumière blafarde des néons. Au Sri Lanka, qui à cette époque s’appelait encore Ceylan, à l’ombre du grand Bouddha couché, il s’est essayé à lire en anglais, à quoi la concision ne se prête guère, les textes emphatiques des Védas et des Upanisads.
Dans l’ashram de Sri Aurobindo, près de Pondichéry, une blonde aux seins opulents l’a initié aux positions extravagantes du Kama Soutra ; au rythme des vagues qui frappaient le mur de la chambre, il s’est essayé aux accouplements mystiques tels que les pratiquaient les prostituées sacrées dont les formes abondantes ornent les parois du temple de Khajurâho ; c’est en pénétrant ces érotomanes placides et souples, et à condition de s’exercer à la rétention prolongée du sperme, que les adeptes du tantrisme embrassent les lèvres de l’éternité. Parvenu à bout de forces à Bénarès, assailli de violentes crises de paludisme, il s’est demandé s’il ne ferait pas mieux de disparaître une fois pour toutes, de s’allonger à côté des mendiants sur le trottoir des ruelles en pente qui débouchent sur le Gange ; le long de ses rives boueuses achèvent de se consumer les bûchers funéraires où l’âme se libère à jamais de la roue des existences.
Sur les berges de la rivière Yaco, où se terrent, invisibles, les redoutables dieux Anu et Bico, en compagnie de Yorubas animistes il a mangé de blanches vessies, épicées et gluantes, farcies de très étranges hachis ; machette posée à son côté sur l’herbe, il gardait un œil sur les impénétrables frondaisons bleu sombre d’où, pour mieux vous assommer et vous dévorer, se laissent choir de tout leur poids sur votre nuque de monstrueux anacondas. Depuis les rives du golfe de Guinée, au volant de sa Land Cruiser il a traversé la moitié du continent africain rien que pour s’approcher, autant qu’il était possible malgré la crue, des ocres murailles de Tombouctou. En chemin, il a exploré certaines des tombes troglodytes du peuple Dogon, qui truffent la vertigineuse falaise de Bandiagara.
Revenu à Paris, il a ensuite enseigné la philosophie, dont il ignorait jusqu’aux premiers principes ; il a rêvé aux hanches de Diotime de Mantinée, qui loue la beauté des corps et, par abstractions successives, invite à s’élever jusqu’à la Beauté absolue. Il s’est interrogé sur la théorie de Pythagore, qui postule que Dieu est le nombre parfait et qu’à chaque chiffre correspond un des attributs de la divinité. Pour en avoir le cœur net, torche au poing, il n’a pas craint de s’introduire de nuit dans une des nécropoles souterraines des environs d’Alexandrie ; à l’intérieur d’une urne funéraire, il a découvert les archives de la secte, dite des “Adorateurs du zéro“, que la soudaine révélation de ce chiffre, rapporté d’Inde par les conquérants arabes, avait fait basculer dans l’athéisme. Il en a rendu publics les documents dans ce qui fut son premier roman [Archéologie du zéro], lequel retrace le formidable effort intellectuel qu’il a fallu à l’humanité pour inventer un nombre qui soit l’absence même de nombre.
À Jérusalem, à l’aube il a écouté l’appel tournoyant du muezzin, suivi par le carillon des cloches du quartier orthodoxe et les lointaines psalmodies des kabbalistes qui, balançant la tête d’arrière en avant, cherchent le nombre de Dieu dans les versets chiffrés de la Torah. Il a retenu son souffle à la lecture d’une nouvelle de Jorge-Luis Borges où celui-ci décrit comment, entre les marches de l’escalier qui descend à la cave, et donc comme entre les lignes de ses propres écrits, il a aperçu l’insoutenable lueur de l’Aleph.
Pour l’écriture de son deuxième roman, il a pris la tête d’une cohorte de légionnaires gaulois chargée d’escorter jusqu’à Rome des chariots bourrés de livres au long de ce qui restait de l’autoroute du sud telle que l’avaient construite les Cyclopes deux mille ans avant notre ère [L’envers du temps]. C’est ainsi qu’il en est venu à s’intéresser aux travaux des physiciens du XVIIIe siècle qui, à l’aide de simples jeux de miroirs, avaient réussi à calculer la vitesse de la lumière, qui est la mesure du temps, puis à l’hypothèse de Stephen Hawkins qui un moment craignit que l’univers, parvenu dans son mouvement d’expansion à son point extrême d’élasticité, ne soit amené à faire machine arrière, à nous précipiter du présent vers le passé, dans la préhistoire et le chaos. Il a interrogé les astronomes qui, dans les nuages de poussières cosmiques où se conserve la trace de l’explosion qui engendra l’univers, tentent de saisir sur le vif la silhouette facétieuse et subreptice de Dieu.
Sur le tableau noir d’amphithéâtres désertés, lui sont restés illisibles les calculs tracés d’une craie elliptique par des mathématiciens acharnés à découvrir le principe qui régit la succession infinie et aléatoire des nombres premiers. De ses questions il a harcelé les théologiens, les chamans, les Zoroastriens, les archéologues de l’Ecole biblique de Jérusalem… Guidé par le fils du cheikh Barakat, il s’est tordu les chevilles dans les éboulements qui jonchent le pied du mont Sinaï ; longtemps, il a cherché l’endroit où Moïse, à la vue du Veau d’or, brisa les premières tables de la loi et, comme l’atteste la Bible, les seules en lettres de feu à avoir été « écrites du doigt de Dieu“ [Le livre des malédictions]. Il est redescendu jusqu’au monastère Sainte-Catherine où, sur la foi d’un jeune moine orthodoxe, il a attendu que les premiers rayons du jour qui traversent la nef redonnent vie à la figure du Christ Pantocrator ; tout à sa déception, il n’a pu s’empêcher de ressentir à la jetée du bras le frisson destructeur des iconoclastes byzantins qui, sous le règne de Constantin le Merdeux, avaient brisé à terre et piétiné les images de la Vierge et des saints [L’Iconoclaste].
De passage à Moscou, en échange de quelques dollars il a réussi à s’introduire de nuit dans les locaux de la Loubianka, où avait été torturé son grand-père ; dans la salle des archives de l’ex-KGB, il a consulté le dossier de ce dernier, ainsi que les protocoles d’interrogatoires qui sous la torture l’avaient peu à peu conduit à travestir sa vie en une authentique fiction. Hélas, il n’est pas parvenu à retrouver le roman qu’il était censé avoir écrit avant que d’être arrêté[La fonte des glaces].
Sur les indications d’un ami ingénieur, il a ensuite bricolé un portique parcouru d’un champ électromagnétique de faible intensité afin de fixer sur l’argentique la silhouette impalpable des anges. A la faveur de leurs incessants allers et retours depuis le Ciel, il s’est imaginé de pouvoir les prendre au piège comme des mouches dans la toile que tisse Internet tout autour de la Terre. Bredouille, il a préféré s’agenouiller devant le corps nu d’une femme, surprise déhanchée, appuyée du coude contre l’un des rayonnages de sa bibliothèque [L’Iconolâtre (Tarabuste) et La Peau des anges (Inédit)] ; et il lui a voué cette sorte de culte, qu’on appelle l’amour, bien que d’ailes dans son dos il n’eût pas trouvé trace.
Il a exploré les différents endroits où ont séjourné ermites et prophètes, anfractuosités de roche où coule une source, falaises, portiques, chapiteaux de colonnes, cryptes éboulées : le buisson ardent, d’où Dieu parla à Moïse, le pipal de Bodh Gaya, à l’ombre duquel le Bouddha connut l’Illumination, le lac de Tibériade où Jésus marcha sur les eaux, la vallée de la Géhenne, la forêt de Brocéliande, Chinguetti et Kairouan sous divers déguisements, les appartements poussiéreux et confinés, du Potala. Il a tendu l’oreille au vent qui brasse les feuilles dans les branches des chênes de Dodone, où les prêtres de jadis déchiffraient les oracles de Zeus. D’une des portes de Thèbes, où Œdipe se joua de l’infantile énigme que lui avait posée le Sphinx, il a contemplé dans la ténèbre les lumières de la vallée en contrebas.
De ses mains il a construit une galère en modèle réduit et minces lamelles de bois pour mieux accompagner le poète romain Sextus Publius Galba qui traversa la Méditerranée et chercha à identifier le premier qui osa enfreindre le décret de la grande assemblée des cités d’Asie : sous peine de mort, celle-ci n’avait-elle pas interdit que fût prononcé le nom d’Erostrate qui, pour accéder à la postérité, venait d’incendier le temple d’Artémis à Ephèse [La mémoire d’Érostrate] ?
Sur les indications fournies par certains auteurs de l’Antiquité, il a mis ses pas dans ceux d’Héraclès, d’Ulysse, de Thésée et d’Orphée et exploré les entrées par où ceux-ci prétendaient être remontés des Enfers : cavernes aux parois couvertes de calcaire lustré qu’on avait pris pour des concrétions de glace, sources bouillonnantes de soufre, repaire des Erynnies dont, sous peine de tomber asphyxié, il faut s’écarter en courant lorsque le vent tourne et rabat les vapeurs méphitiques, étangs remplis de pestilences, gouffres où des fleuves souterrains bruissent dans les ténèbres [Aux portes des enfers]. Dans l’eau chaude jusqu’aux chevilles et chassant de son visage les moustiques, il a forcé la grille qui obture l’antre aujourd’hui inondé de la Sibylle. Sans en craindre le poison mortel, il s’est désaltéré de l’eau du Styx. Il a dormi sous les murs de Troie dans le lit à sec du Scamandre, fait à pied le tour de la mer Morte, ramassé de lourdes pierres pour élever un chörten et à son tour remercier les dieux sur la rive torrentueuse du Brahmapoutre.
Il a donné ses dernières pièces d’argent à des fossoyeurs, qui creusent le jour durant d’énormes trous dans la terre. Il a partagé l’ivresse hypnotique des chamans, les danses hululantes des Indiens Micmac en l’honneur du grand Manitou. Il a récolté force horions pour avoir, en compagnie de la canaille des fossés, lancé des pierres contre les chevau-légers, bravé le canon du haut de la barricade élevée à l’entrée du faubourg Saint-Antoine, confondu les troubles de la Fronde et ceux de Mai 68 [Une aventure sentimentale]. Sur l’injonction du duc de Sennanges, il tira plusieurs coups de feu pour attirer l’attention du batelier qui somnolait sur son ponton, de l’autre côté de la rivière Puri. Dans une bibliothèque, dont le plancher incurvé sous l’excessif poids des livres risquait à chaque instant de s’effondrer, il a fait tourner du plat de la main l’immense globe terrestre qu’avait dessiné à la plume l’inconsolable Père Legrand [Le vacillement du monde].
En suivant le fond d’une vallée, il a pénétré dans les édifices de systèmes philosophiques aux architectures aujourd’hui en partie délabrées ; il a circulé entre les piliers et sous les voûtes de cathédrales littéraires qui, elles, en revanche étaient demeurées intactes [« Dans la vallée du monde des Idées« , La Revue littéraire]. Il a longuement fouillé dans la décharge aux concepts où, parmi les débris des appareils théologiques, les utopies et les systèmes politiques obsolètes, il avait pensé déceler et mettre au jour l’ineffable splendeur du Logos.
Étonné des vantardises d’Il Professore, chercheur en biologie moléculaire qui prétendait en avoir découvert la preuve, il a préféré s’en remettre à l’argument d’Anselme de l’abbaye du Bec qui démontre en raison, et qu’on a cru un temps de manière irréfutable, l’existence de Dieu [Si Dieu existe]. Le souffle court, il a gravi le sentier escarpé qui conduit au monastère de Philong Ta, perdu au fond des Himalayas. Le poil hérissé au barrissement des trompes stridentes, puis bercé par les psalmodies et le tintement des cloches mystiques, sur les conseils d’un lama impassible il s’est exercé à remonter par la voie de l’Endormissement le cours de ses vies antérieures, sans même s’apercevoir qu’il les avait déjà mises en scène dans les romans qu’il avait ici ou là publiés [Le passage du col].
Fatigué par ces pérégrinations, Alain Nadaud s’est finalement retiré sur les côtes de Carthage. Entre la forêt de Gammarth et la mer, il vit dans la proximité du grondement des fours construits par sa compagne Sadika, souffleuse de verre. En vain il a cherché les indices d’un hypothétique séjour de Virgile en cette antique cité. Enée n’y passa-t-il pourtant pas la moitié de l’Enéide à raconter à la reine Didon les ruses d’Ulysse et l’incroyable histoire du cheval de bois qui provoqua la chute de Troie? Preuves à l’appui, il a découvert que l’illustre poète n’était pas mort d’une insolation, ainsi que le prétend la tradition, mais avait été empoisonné par l’empereur Auguste qui l’empêcha ainsi de brûler son manuscrit où il avait fait de lui un dieu vivant [Auguste Fulminant].
En désespoir de cause, Alain Nadaud cherche à déceler autant dans l’air du temps que dans ce qu’il lui reste de souvenirs la forme improbable des livres qu’il s’imagine avoir encore pour tâche de recopier.
Mars 2010

État général des publications
(Articles et ouvrages de et sur l’auteur, par ordre chronologique)
1. – LA SOIF (Théâtre)
Ed. Pierre-Jean OSWALD, Col. « Théâtre en France » (Sept. 1976)
2. – LETTRE DU KURDISTAN (Nouvelle)
Revue Minuit, n° 23 (Mars 1977)
3. – LETTRE DE MESOPOTAMIE (Essai)
Revue Europe, n° 580 (Septembre 1977)
4. – LE CHAT (Nouvelle)
Revue Minuit, n° 25 (Septembre 1977)
5. – KATOUBA-KODU, l’oiseau qui riait dans la nuit (Conte pour enfants)
Journal Francs-Jeux, n° 719 (Février 1979)
6. – L’ENLUMINURE (Essai)
Revue Minuit, n° 29 (Mai 1978)
7. – J’ VEUX PAS QU’ON M’AIME (Nouvelle)
Revue Minuit, n° 30 (Septembre 1978)
8. – LE JOURNAL D’IVAN VIATCHEVIK (Nouvelle)
Revue Europe, n° 595 (Décembre 1978)
9. – CONTES NIGERIANS (Recueil et adaptation de)
Editions Hatier (Janvier 1979)
10. – LETTRES DE NIKHIL (Traduction de l’anglais d’une nouvelle de l’écrivain indien Vilas Sarang)
Revue Europe, n° 597 (Février 1979)
11. – APOLOGIE DE L’ENNUI (Nouvelle)
Revue Europe, n° 604 (Août-sept. 1979)
12. – LA TACHE AVEUGLE (Recueil de nouvelles, 224 pages)
Les Editeurs Français Réunis (Février 1980)
13. – MORT AU PARKING (Nouvelle)
Revue Europe,
numéro spécial: « La Nouvelle française », tome 2,
n° 630 (Octobre 1981)
14. – INTERVIEW WITH SAMUEL ASTONGUET
(Traduction en américain, par Breon Mitchell, de la nouvelle « Entretien avec Samuel Astonguet », tirée de « La Tache aveugle »)
Revue New Directions, New York, n° 43 (Octobre 1981)
15. – LE MAITRE DU TEMPS (Conte pour enfants)
Illustrations de Philippe Davaine
Editions La Farandole, col. « Contimages » (Novembre 1981)
16. – LITTERATURES DE L’INDE
(Présentation et traductions de textes de la littérature indienne contemporaine), en collaboration avec Vilas Sarang.
Numéro spécial de la revue Europe, n° 633-34 (Janvier 1982)
17. – PROPOS SUR L’ECRITURE (Essai)
Revue Europe, n° 640 (Août 1982)
18. – LE DROIT A LA VIRGULE (Nouvelle)
Journal La Croix, n° 30303 (17 octobre 1982)
19. – SISYPHE ET BELACQUA
(Traduction de l’anglais d’un essai de Vilas Sarang)
Revue Europe, n° 645 (Janvier 1983)
20. – ARCHEOLOGIE DU ZERO (Extrait: « Document n° 20 »)
Revue L’Infini, numéro 3 (Eté 1983)
21. – MORT AU PARKING
(Traduction en russe, par A. Soumbatiana, du 13)
Revue Inostranaia Literatura (Litt. étrang.), Moscou, n° 10 (1983)
22. – ARCHEOLOGIE DU ZERO (Roman, 254 pages)
Editions Denoël, col. « L’Infini » (Février 1984)
23. – VOYAGE AU PAYS DES BORDS DU GOUFFRE (Nouvelle)
Revue L’Infini, n° 5 (Mars 1984)
24. – LA TENTATION DE PIERRE VILLEQUIERS (Nouvelle)
Revue ContreCiel, n° 3 (Juillet 1984)
25. – L’ICONOCLASTE (Nouvelle)
Revue Brèves, n° 13 (Juillet 1984)
26. – ATTILA (Nouvelle)
Journal Le Monde (Supplément « Le Monde aujourd’hui »), n° 12282 (22 juillet 1984)
Reprise in 40 Nouvelles du Monde (Supplément de juin 1985)
27. – MAI 68 et LA LITTERATURE (Entretien avec Patrick Combes)
Revue L’Infini, n° 7 (Septembre 1984)
28. – DEBAT SUR LE ROMAN AUJOURD’HUI
(Transcription du colloque organisé par la revue Roman),
N° 8 (Septembre 1984)
29. – LE CHANT DE L’ENCRE (Nouvelle)
Revue Europe, n° 666 (Octobre 1984)
30. – LA QUESTION (Nouvelle)
Revue L’Infini, n° 9 (Mars 1985)
31. – LE BUISSON ARDENT (Nouvelle)
Revue Autrement, spécial « Ecrire aujourd’hui », n° 69 (Avril 1985)
32. – D’UNE DES VORACITES DE L’EPHEMERE
Revue Le Promeneur, n° XXXVIII (Avril 1985)
33. – L’ARMOIRE DE BIBLIOTHEQUE (Nouvelle, 45 pages)
Avec des aquarelles de Daniel Nadaud
Editions Grande Nature (Juillet 1985)
34. – L’ENVERS DU TEMPS (Roman, 272 pages)
Editions Denoël, col. « L’Infini » (Septembre 1985)
35. – LA FAUTE (Nouvelle)
Revue L’Infini, n° 11 (Septembre 1985)
36. – SUR LE CHAMP DE BATAILLE (Etude sur l’oeuvre de Georges Perec)
Le Nouvel Observateur, n° 1096 (8- 14 novembre 1985)
37. – LE BIOGRAPHE (Nouvelle)
Revue Nouvelles Nouvelles, n° 1 (Janvier 1986)
38. – LA METAMORPHOSE D’ANIL RAO
(Présentation et traduction de l’anglais d’une nouvelle de Vilas Sarang)
Revue L’Infini, n° 13 (Mars 1986)
39. – EXIL EN GRANDE-SCRIPTURIE (Nouvelle)
Revue L’Infini, n° 13 (Mars 1986)
40. – VOYAGE AU PAYS DES BORDS DU GOUFFRE (Recueil de nouvelles, 178 pages)
Editions Denoël, col. « L’Infini » (Avril 1986)
41. – L’ETE INDIEN (Nouvelle)
in « Le Temps du regard » (Exposition d’art contemporain à l’hôpital)
Ministère de la Culture (Avril 1986)
42. – MOUCHES (Traduction de l’anglais d’une nouvelle de Vilas Sarang)
« Le Monde aujourd’hui », n° 12852 (25 mai 1986)
repris dans 40 Nouvelles du Monde, numéro spécial (Juillet 1986)
43. – DES LIVRES: EN ECRIRE, N’EN PAS ECRIRE
(à propos de Pourquoi je n’ai écrit aucun de mes livres de Marcel Benabou)
Le Matin de Paris, n° 2913 (15 juillet 1986)
44. – LA SCENE DE L’ECRITURE
revue Pandora’s Box, n° 2 (Octobre 1986)
45. – L’AMOUR DES LETTRES (Nouvelle)
Revue L’Infini, n° 17 (Février 1987)
46. – LA MORT D’UN POETE (Nouvelle)
Festival de la nouvelle 1987, Saint Quentin
47. – DESERT PHYSIQUE (Traduction en danois d’un extrait, par Karl Poulsen)
Revue Brev, n° 1, éditions Arcane 17 (Mars 1987)
48. – ENTRETIEN AVEC Mr CHAKKO (Traduction de l’anglais d’une nouvelle de Vilas Sarang)
Revue Nouvelles Nouvelles, n°7 (Juin 1987)
49. – BASSORA, du paradis sur terre à l’enfer de la guerre
Série « Villes écrites », L’Humanité, (17 août 1987)
50. – DESERT PHYSIQUE (Roman, 225 pages)
Editions Denoël (Septembre 1987
51. – POUR UN NOUVEL IMAGINAIRE.
(Introduction à la conception et à la réalisation du numéro spécial de la revue L’Infini: « Où en est la littérature? »
N° 19 (Septembre 1987)
52. – L’ECRITURE ET SON PARI (Essai sur Lautréamont)
Revue Europe (Lautréamont), n° 700 (Août-sept. 1987)
Bonnes feuilles in Révolution (4 au 11- 9- 1987)
53. – L’AFRIQUE ET LA LETTRE (Présentation à l’exposition du Centre Georges Pompidou)
CNAC Magazine, n° 40 (17- 7 au 15- 9 1987)
54. – LECON D’ECRITURE (ou LE PASSE DECOMPOSE)
Le Journal Littéraire, n°1 (Fondation FNAC, sept. 1987)
55. – CETTE PRATIQUE INFIME ET PERISSABLE QU’EST L’ECRITURE…
(Entretien avec Claude Rolland-Hasler), suivi de la reprise du 41.
Revue Brèves, n° 26 (Sept. 1987)
56. – DEUX ROMANCIERS EN QUESTION (Entretien avec C. Simon)
Revue La Pensée, n° 258 (Juil.- août 1987)
57. – DE LA CIRCULARITE DANS LA NOUVELLE: BORGES, POE, KAFKA (Essai).
Numéro spécial de Nouvelles Nouvelles: « 43 écrivains manifestent pour la nouvelle » (Mars 1988)
58. – L’INJURE DANS L’ILIADE (Essai)
in « Les Injures », Revue NYX, n° 6 (Mai 1988)
59. – CE QUE DISENT LES RUINES
in « Les Ruines », revue Oracl’, n°23/24 (Septembre 1988)
60. – OU EN EST LA LITTERATURE?
(Transcription de l’entretien avec Danièle Sallenave et Alain Finkielkraut, pour l’émission « Répliques » (France- Culture.) du 10 oct. 1987.
Revue L’Infini, n° 23 (septembre 1988)
61. – LE CIEL A TRAVERS LA LUCARNE (Nouvelle)
précédé d’un entretien avec Christian Congiu
Revue Taille réelle, n° 13 (Novembre 1988)
62. – DOS AU MUR
(Réponse à trois questions du numéro spécial « Salon du livre »
La Quinzaine littéraire: « Où va la littérature française? »
N° 532 (16-31 mai 1989)
63. – L’ECRITURE-OBSESSION
Revue Ad Rem
N° 0 (Mai 1989)
64. – RECTO-VERSO, précédé d’un entretien avec Claude Prévost, d’une étude de Jean-Claude Lebrun, avec des photographies de Pierre Terrasson, sous le titre général: Alain Nadaud, un écrivain en Seine-Saint-Denis (Conseil Général de la Seine-Saint-Denis, mai 1989)
64 bis. – NOUVEAUX TERRITOIRES ROMANESQUES
par Jean-Claude LEBRUN et Claude PREVOST
in “Nouveaux territoires romanesques”
Editions Messidor
65. – MORT D’UN POETE (Nouvelle), reprise du 46,
Revue Grande Nature, n° 3 (Septembre 1989)
66. – L’ICONOCLASTE (Roman, 435 p.)
Editions Quai Voltaire (Septembre 1989)
67. – DIE VERSUCHUNG DES PIERRE VILLEQUIERS (Traduction en allemand du 24)
in Frankreich Erzählt, Fisher Taschenbuch Verlag (Sept. 1989)
68. – ARCHEOLOGIE DU ZERO, réédition du 20 en poche Folio-Gallimard
N° 2085 (Octobre 1989)
69. – IVRE DE LIVRES (Essai)
Editions Balland (Novembre 1989)
70. – ETYMOLOGIES DE LA RATURE
Revue L’Infini, n° 29 (Mars 199O)
71. – MIROIRS DIVERGENTS (entretien avec Raphaël Lellouche à propos de son essai: Borges ou l’hypothèse de l’auteur )
Revue L’Infini, n° 29 (Mars 1990)
72. – INCURSION EN TERRITOIRE CHAC-XOLT (nouvelle) avec F. KAFKA: Souvenir du chemin de fer de Kalda et M. NURIDSANY: De l’autre côté du miroir.
Nouvelles Nouvelles, Triolet n° 6 (Mars 1990)
73. – LA TACHE AVEUGLE (recueil de nouvelles)
Réédition du 12 (moins le Voyage au pays des Bassarou-Sawa, devenu le 72, et remplacé par l’Amour des lettres, reprise du 45)
Editions Messidor (Avril 1990)
74. – LE DOIGT DE DIEU (nouvelle)
Revue NYX, n° 13 (Mai 1990)
75. – UNE DES VERSIONS DE LA « DOCTRINE DE L’APOTRE ADDAI »
(Extrait de l »Iconoclaste ) avec des dessins de Daniel Nadaud
Revue Interlope, n°1 (Mai 1990), Ecole des Beaux-Arts de Nantes
76. – PREFACE à l’Histoire secrète de Procope
La Roue à livres, Ed. Les Belles Lettres (Mai 1990)
77. – LITTERAE INCOGNITAE (nouvelle)
revue Le Serpent à plumes, n° 8 (Eté 1990)
78. – L’AMOUR DES REVUES
1) Revue Noise, n° 8 (Mars 1988), Adrien Maeght editeur
2) La Revue des revues, n°9 (Eté 1990)
79. – AUSCHWITZ EN HIVER in LE VOYAGE A L’EST (collectif)
Editions Balland (Septembre 1990)
80. – METAPHORES ET METAMORPHOSES (Article critique sur Christoph Ransmayr)
in LIBER, revue européenne des livres
(Supplément au n° 14206 du Monde, 29 sept. 1990)
81. – LES TENTATIONS DE GUSTAVE FLAUBERT, ECRIVAIN
(Essai critique in « Les grands échecs littéraires »)
Quai Voltaire, Revue littéraire n°1 (Hiver 1991)
82. – REISE IN DAS LAND AM RANDE DES ABGRUNDS
(Traduction en allemand du n° 40)
in Erkundungen, 35 französische Erzähler
Verlag Volk und Welt. Berlin, 1990
83. – LE POLITIQUE ET L’ECRIVAIN
(Article pour le dossier: « Retour aux Latins »)
Le Magazine littéraire, n° 285 (Février 1991)
84. – LITTERAE INCOGNITAE (reprise du n° 77)
in LES MEILLEURES NOUVELLES DE L’ANNEE 90-91
Syros- Alternatives (Février 1991)
85. – LE JARDIN PRIVE (Essai)
in La Bibliothèque
Numéro spécial de la revue Autrement (avril 1991)
86. – LA REPRESENTATION (Théâtre)
Editions Dumerchez, Col. Skêné (Mai 1991)
87. – A PROPOS DU « FAIT LITTERAIRE » (Essai)
Quai Voltaire, Revue littéraire, n° 2 (Printemps 1991)
88. – A PIED SEC (Nouvelle)
in Les Lettres françaises, n° 11 (Juillet/août 1991)
89. – UN FAIT D’ECRITURE? (Contribution au numéro spécial « Fait littéraire »)
Quai Voltaire, Revue littéraire, n° 3 (Automne 1991)
9O.- L’IMPOSSIBLE FICTION in « LIBREMENT DIT, Ecrits sur les droits de l’homme ».
Amnesty international – Le Cherche midi édit. (Sept. 1991)
91.- LA MEMOIRE D’EROSTRATE (roman, 254 pages)
Editions du Seuil (février 1992)
92 – LA TENTATION DE PIERRE VILLEQUIERS (Traduction. en russe du 24)
in Dom odinokogo molodogo tcheloveka (Molodaïa gvardïa,
Moscou, 1990)
93 – UNE STRATEGIE DE CONTOURNEMENT (article)
Quai Voltaire, revue littéraire, n° 5 (printemps 1992)
94 – LA GRANDE SCRIPTURIE d’A. NADAUD (Entretien avec J.-P. Corsetti)
Esprit, n° 184 (Août-septembre 1992)
94 – MALAISE DANS LA LITTERATURE (Essai)
Quai Voltaire, revue littéraire, n° 6 (automne 1992)
95 – LES PLUMES DU PAON (Nouvelle)
Recueil, n° 23-24, Champ Vallon (automne 1992)
96 – LA NOUVELLE, C’EST LA GUERILLA (reprise de la préface du 40)
in « 131 nouvellistes contemporains par eux-mêmes »
Festival de la nouvelle de Saint-Quentin – MANYA (avril 1993)
97 – LE ROMAN FRANCAIS CONTEMPORAIN: UNE CRISE EXEMPLAIRE
(Essai) in « Le Roman français contemporain »
A.D.P.F / Ministère des Affaires étrangères (mai 1993)
98 – ‘ABADATOU-L-CIFR (« Les Adorateurs du zéro »)
Traduction en arabe du 22 par A. El Batraoui et Simone El Boustani
Col. « Chefs-d’oeuvre de la littérature étrangère »
Editions Dar Sharkiyyat, Le Caire (Juillet 1993)
99 – MALAISE DANS LA LITTERATURE
Reprise et complément du 94 (112 pages)
Champ Vallon (sept. 1993)
1OO – UNE CRISE EXEMPLAIRE (Reprise modifiée du 97)
Quai Voltaire, revue littéraire, n° 10 (hiver 1994)
101 – LE PONT DE NORMANDIE
Texte du film de Jean-Luc Bruandet
Nausicaa Films (1994)
102 – L’ANTIQUITE COMME METAPHORE (article)
Le Monde des débats, n° 17 (mars 1994)
103 – LA FAUTE (Reprise du 35)
La Revue des deux mondes (juillet-août 1994)
104 – UNE ECOLE DE LUCIDITE, postface au Manuel d’Epictète
Editions Mille et une nuits (janvier 1995)
105 – D’UNE BIBLIOTHEQUE COMME D’UN JARDIN
Revue VIS A VIS, numéro spécial « Bibliothèque nationale de France » (printemps 1995)
106 – L’ICONOLATRE (récit)
Avec une lithographie de Daniel Nadaud
TARABUSTE éditeur, avril 1995
107 – L’AGITATEUR (Reprise d’une des nouvelles du n° 12 et du n° 73)
Revue Le Horla, n° 1 (été 1995)
108 – LE LIVRE DES MALEDICTIONS (roman, 272 pages)
Editions Grasset (septembre 1995)
109 – DIEU, VU DE DOS
La Nouvelle Revue Française, n° 512 (septembre 1995)
110 – A LA PAGE
L’Infini, n°52: « Ecrivains non programmables » (Hiver 1995)
111 – UNE AVENTURE SENTIMENTALE (Extrait, chap. I)
Revue Europe, n° 810 (octobre 1996)
112 – LE ROMAN FRANCAIS CONTEMPORAIN : UNE CRISE EXEMPLAIRE
Reprise et extension du 97
(Même éditeur, mai 1997)
113 – PYTHAGORE PARMI LES PRETRES
in “Sagesse et mystères de l’Egypte”
Hors-série du “Nouvel Observateur” (juin 1997)
114 – AUGUSTE FULMINANT
(roman, 268 pages)
Editions Grasset (septembre 1997)
Rééd. Le Livre de poche (juin 1999)
115 – “PREEMINENCE DE LA COULEUR SUR LE DISCOURS”
A propos de La Semaine sainte de Louis Aragon
in “Aragon, le mouvement perpétuel”, Stock (septembre 1997)
116 – “BURIC”
traduction en slovaque de “l’Agitateur”
Revue SVETOVEJ LITERATURY, n° 3 (Bratislava, octobre 1997)
117 – L’ENLUMINURE (Reprise du n° 6)
in “Voix enluminées de Cîteaux” (Manuscrits cisterciens du XIIe s. de la Bibliothèque Municipale de Dijon.)
Editions de l’Armençon (juin 1998)
118 – PETIT CATALOGUE DES NATIONS BARBARES
(avec des gravures de Dominique Médard et des pâtes de verre de Sadika)
Editions l’Or du Temps (Tunis, mars 1999)
119 – CET ATELIER OU SE FABRIQUENT DES HISTOIRES
Contribution au colloque “La Fabrique de l’histoire”
Cahiers de la Villa Gillet, n° 9, Editions Circé (aoüt 1999)
120 – UNE AVENTURE SENTIMENTALE
(roman, 176 pages)
Editions Verticales (septembre 1999)
121 – DER ANDERE TOD
Trad. en allemand d’ »Auguste fulminant » (114) par Brigitte Burmeister
Klett-Cotta (Stuttgart, 2000)
122 – GRIAUSMAVALDIS AUGUSTAS
Traduction en lituanien d’ »Auguste fulminant »(114)
par Diana Buciute et Apolonija Kalniute
Vaga, Istorinis romanas (Vilnius, 2000)
123 – LA FONTE DES GLACES (roman, 336 pages)
Editions Grasset (septembre 2000)
124 – LE VACILLEMENT DU MONDE (nouvelle)
“L’Express”/ supplément magazine n° 2578 (30-11/ 6-12-2000)
125 – AUGUSTO FULMINANTE
Traduction en espagnol d’ »Auguste fulminant »(114)
par Marcelo Maturana
Editorial Andres Bello (Barcelone/Buenos Aires/Mexico/Santiago de Chile, 2000)
126 –
Traduction en grec d’Archéologie du zéro (n° 22)
Editions Alexandria (Athènes, 2000)
127 – COMBAT D’HOMME AVEC CHIEN
Revue Les Ecrits, n° 103 (décembre 2001, Montréal (Canada))
128 –
Traduction en grec d’Auguste fulminant (n° 114)
Editions Alexandria (Athènes, 2001)
129 – SADIKA, ITINERAIRE D’UNE ARTISTE VERRIERE
Préface et entretien (Beau-livre, couleurs, 138 pages)
Editions Simpact (Tunis, 2002)
130 – O DEGELO
Traduction en portugais de La Fonte des glaces (n° 123)
Editions Livros do Brasil (Lisbonne, octobre 2002)
131 –
Traduction en grec de La Fonte des glaces (n° 123)
Éditions Alexandria (Athènes, décembre 2002)
132 – UNE ARCHEOLOGIE LITTERAIRE (De quelques traces laissées par mai 68 dans certains de mes romans)
in Stratégies narratives 2 (le roman contemporain) / Actes du colloque de Gênes (14 – 15 décembre 2001)
Biblioteca della ricerca, « Cultura straniera 121 », Schena Editore / Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2003
133 – EISSCHMELZE
Traduction en allemand de la Fonte des glaces (n° 123)
Editions Klett-Cotta, Stuttgart, 2003
134 – ALTERITE ET CULTURE DU PARADOXE
in « Interférences culturelles et écriture littéraire » / Actes du colloque de l’Académie tunisienne des Sciences, des Lettres et de Arts du 7-9/1/ 2002
Éditions Beit al-Hikma, Carthage, 2003
135 – LES ANNEES MORTES (Premier Jour)
Prépublication du premier chapitre du n° 137
« La Revue littéraire » n°5, éditions Léo Scheer (Août 2004)
136 – DANS LA VALLEE DU MONDE DES IDEES (nouvelle)
« La Revue littéraire », n° 6, éditions Léo Scheer (Septembre 2004)
137 – LES ANNEES MORTES (Récit, 252 pages)
Editions Grasset (septembre 2004)
138 – AUX PORTES DES ENFERS (Récit de voyage/ essai, 304 pages)
Editions Actes Sud (octobre 2004)
139 – L’ECRITURE EN AIDE-MEMOIRE (reprise et extension du n° 63)
Revue « Liaison », n° 24 (Bruxelles, 2005)
140 – EN SUIVANT LES SENTIERS DE LA FORËT DE GAMMARTH
in « Dernières nouvelles de l’été » (collectif)
Editions Elyzad (Tunis, juillet 2005
141 – LE VACILLEMENT DU MONDE (Roman, 128 pages)
Editions Actes Sud (février 2006)
142 – UN APPETIT DE LIBERTE (Dossier « les Lumières »)
Magazine littéraire, n° 450 (février 2006)
143 – LA DECHARGE AUX CONCEPTS (Nouvelle)
Le Nouveau Recueil, n° 81, Ed. Champ Vallon (décembre 2006)
144 – LE GOÛT DE TUNIS (Collectif)
Reprise de trois pages du n° 140, Mercure de France (mars 2007)
145 – SI DIEU EXISTE (Roman, 252 pages)
Editions Albin Michel (août 2007)
146 – LA PEAU DES ANGES – Le Grognard N°8
Editions du petit pavé (Paris, 2008)
147 – LE PASSAGE DU COL (Roman, pages)
Editions Albin Michel (Paris, 2009)
148 – DE L’INCIDENCE DE MAI 68
Métamorphoses du roman français
Editions Peeters (Paris, 2010)
149 – EXEGI MONUMENTUM
La revue littéraire N° 46
Editions Leo Scheer (Paris, 2010)
150 – LA PLAGE DES DEMOISELLES (Roman, pages)
Editions Leo Scheer (Paris, 2010)
151 – D’ÉCRIRE J’ARRÈTE (Roman, pages)
Editions Tarabuste (Paris, 2010)
152 – JOURNAL DU NON-ÉCRIRE (Roman, pages)
Editions Tarabuste (Paris, 2013)
153 – « La parole aux écrivains » avec Paolo Tamassia – Le sujet et l’histoire dans le roman français contemporain
Editions Quolibet (Paris, 2014)
154 – DIEU EST UNE FICTION (Roman, pages)
Editions Serge Safran (Paris, 2014)
155 – L’HERBIER DES MYTHES (essai, posthume)
Edition Tarabuste (Paris, 2017)
156 – LES-ANGES.NET (essai, posthume)
Edition Tarabuste (Paris, 2023)
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Autobiographie semi-fictive

La tache
aveugle




























