Désert physique

« Une mission archéologique se rend à Tello Baraïh, dans le Bas-Samrud, région désertique où serait apparue l’écriture il y a quelque 3700 ans avant notre ère. Dans un climat de suspicion générale, dû en partie à la montée des risques de guerre avec le pays voisin, l’un des membres de l’expédition nous livre les pages du journal qu’il tient sur le terrain.

Jour après jour sont ainsi rendus la vie du chantier, le travail harassant de la fouille et, entre chaleur et poussière, le lent dégagement de l’ancienne cité de Kirk-Dohuk. La découverte de quelques tablettes d’argile et d’une statue pourront faire croire aux chercheurs que la grande bibliothèque de Sakkyah-Iptah, dont l’existence passait pour légendaire, leur est à portée de main. Mais la brève et violente passsion qu’éprouvera le narrateur pour une adolescente des marais provoquera une rixe mortelle avec les populations des alentours et, par voie de conséquence, une série d’incidents. Un grave éboulement, des complications avec les autorités locales, la solitude puis la maladie conduiront l’auteur de ce journal jusqu’à la désertification de lui-même et le plus extrême dépouillement.

Il y a du roman d’initiation dans la traversée de cette suite de cercles concentriques qui constitue autant la géographie du site que la succession des épreuves que devra endurer le narrateur jusqu’à l’éblouissement final, cette révélation à laquelle il ne s’attendait plus. »

Date

1987

Éditions

Denoël, 228 p.

Type

Roman d’aventures métaphysique

Catégorie

Littérature, histoire

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La chasse aux livres - Désert physique, Alain Nadaud
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La chasse aux livres - Désert physique, Alain Nadaud

« Ce roman aménage dans la fiction ce qui avait été abordé dans « Lettre de Mésopotamie » par rapport à l’invention de l’écriture. Il reprend, sur une base autobiographique (Mon séjour de deux ans à Bassorah, en Irak, et le ramassage de tablettes d’argile, couvertes d’écritures cunéiformes, sur le site de Tello), ce qui n’avait pas cessé de tarauder jusqu’ici (Cf. « Le Chant de l’encre »), c’est-à-dire la tentative d’un retour à la source, à ce point d’origine d’où « ça » s’écrit.

C’est ainsi que l’archéologue-narrateur fait la découverte d’un cercle de pierres noires qui restitue les traces d’un culte matriarcal. Ce site se présente comme le lieu fossilisé d’une sorte de scène primitive dont on ne sait rien. Mais à peine s’aperçoit-il que la mère a joué un rôle sacrificiel dans ce surgissement de l’écriture que les tablettes de la bibliothèque tant convoitée viennent affleurer à la surface du sol, et cela au moment même où la guerre s’apprête à les engloutir de nouveau, à les effacer à jamais. »

Architexture - Alain Nadaud

Alain Nadaud

  • Le roman de l’impérieuse nécessité du roman

    « Alain Nadaud a désormais achevé sa fascinante remontée du temps, jusqu’à la source de l’écriture ; il touche enfin à ces limites extrêmes, après lesquelles commence l’en deçà de la conscience, sa protohistoire. Désert physique : on discerne maintenant combien des œuvres antérieures comme l’Envers du temps et Voyage au pays des bords du gouffre confluaient vers ce texte capital, qui pose dans leur indissolubilité la question du temps et celle de l’écriture. (…)

    Rarement romancier avait manifesté d’une manière aussi incandescente la fonction élémentaire et vitale de l’écriture, sa rémanence longtemps après la disparition de la conscience qui a commandé à la main son tracé. Quelques traits malhabiles, de simples signes comme antidote au vide d’avant et d’après nous: Désert physique ou le roman de l’impérieuse nécessité du roman. »
    Jean-Claude Lebrun
    Révolution
  • Désert physique se déguste vite

    « Alain Nadaud nous offre un bien beau roman ; beau par sa simplicité. Simplicité du récit qui se déroule, limpide, au fil des événements ; simplicité de la narration, qui prend la forme d’un journal intime ; simplicité du symbolisme, qui touche à l’universel. Désert physique se déguste vite – c’est un roman à suspense – et laisse songeur sur ses implications profondes. De la belle ouvrage. »
    Aurélien Ferenczi
    Le Quotidien de Paris
  • Saluons à nouveau la puissance d’invention d’Alain Nadaud

    « Saluons à nouveau la puissance d’invention d’Alain Nadaud. Sobrement, avec une poétique économie de moyens et un très bon sens de l’intrigue, celui-ci parachève une plus sourde exploration, ouverte par Archéologie du zéro et poursuivie par L’Envers du temps, où tout langage bute au pied de la lettre face au vide – au trop-plein – du commencement. »
    J.-M. de Montremy
    La Croix
  • Un plaisir de l’intelligence

    « C’est Jorge Luis Borges qui plane comme une ombre bienveillante sur les romans d’Alain Nadaud.(…) Sous le canevas romanesque, le lecteur éprouve essentiellement un plaisir de l’intelligence. Original. Le livre est servi par une écriture classique et dense. »
    L. L.
    La Croix
  • Un grand roman d’aventures

    « Alain Nadaud a écrit ici un grand roman d’aventures qui se développe autant vers l’action que vers la profondeur de la réflexion sans qu’aucun des deux chemins suivis ne desserve jamais l’autre. »
    Pierre Maury
    Le Soir de Bruxelles
  • Ne fût-ce que par ses titres et ses sujets, Alain Nadaud fascine

    « Ne fût-ce que par ses titres et ses sujets, Alain Nadaud fascine. Son premier roman, Archéologie du Zéro (1984), avait d’emblée cristallisé les curiosités autour de la description et de la mise en scène du néant, poursuivi jusque dans ses moindres et derniers retranchements. Nadaud lui-même en parlait comme d’un « roman d’aventures métaphysique », et il réussissait effectivement à donner forme et vie à une idée pure, voire à un paradoxe logique, avec un brio tel que réitérer semblable coup d’état aurait paru une gageure. L’envers du Temps (1985) a pourtant suivi de près, qui menait en action et prenait à rebours la mémoire et l’Histoire. Et un an plus tard, c’était ce Voyage au pays des bords du Gouffre. Un voyage fragmenté en quatorze nouvelles qui sont autant d’incursions dans le cœur de concepts : romancer la vie, préserver jusqu’à la démence la matérialité d’un texte, formuler les preuves de la non-existence de Dieu…

         Ainsi donc, il y a une imagerie Nadaud, qui fait le pont entre les abstractions, et la dynamique du récit de fiction. Et dont Désert physique donne aujourd’hui une nouvelle et passionnante illustration. L’imaginaire composite d’Alain Nadaud part d’un argument romanesque déjà riche en soi : une mission de fouilles archéologiques dans la région désolée du Bas-Samrud (où serait apparue l’écriture au quatrième millénaire avant notre ère), entre l’Iran et l’Irak, cernée par le tumulte d’une guerre moderne. Exhumer une bibliothèque peut-être mythique, dans le contexte d’une réalité fort actuelle, par la grâce d’un livre. Et Nadaud densifie cette thématique par un jeu dangereux sur la notion de sécheresse : le narrateur, en même temps qu’il voit son travail d’archéologue contrarié par des accidents, et sa passion pour Leïla réduite à néant par le meurtre de cette adolescente, se sent graduellement dépouillé, atteint dans sa chair par une maladie de désertification intégrale… Désert physique, domaine de l’inaboutissement où seule la recherche d’une écriture originelle, du degré zéro de l’expression, pourra maintenir quelque espoir…

         A demi-mots, on aura compris l’intérêt et l’ambition de ce livre : repenser les moyens de la littérature, harmoniser avec originalité l’introspection et l’aventure. Alain Nadaud n’est pas seul à explorer ces parages, et il en fournit d’ailleurs la preuve dans le n° 119 de L’Infini, revue dont Philippe Sollers lui a confié la mise en œuvre pour cette fois, et qui regroupe vingt-cinq écrivains jeunes autour de la question de savoir où en est la littérature. On ne s’étonnera pas si les réponses y prennent souvent la forme d’une fiction…. »
    Alain Dartevelle

Continuer le voyage…